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Dreyfus – J-S Bach – Toccatas pour clavecin BWV 913, 914, 910 & 911

Huguette Dreyfus clavecin Jørgen Bengaard

Enregistré à Copenhague en 1965  Prise de son: Peter Willemoës

Microsillon Valois 77002

Les Toccatas pour clavecin de Bach sont bien moins souvent enregistrées que ses autres œuvres dédiées à cet instrument. Pourtant, elles représentent une étape importante de l’évolution du compositeur. Comme l’écrivait Harry Halbreich: « C’est au clavecin que la Toccata de type buxtehudien allait fêter son apothéose inattendue sous l’impulsion du génie d’un Bach de vingt-cinq ou trente ans en pleine révolution artistique. Les sept Toccatas BWV 910 à 916 représentent l’ensemble le plus important d’œuvres de jeunesse de Bach pour clavecin et le témoignage le plus frappant de sa phase de révolutionnaire romantique soulevé par le Sturm und Drang« .

Buxtehude a eu une influence déterminante sur le jeune Bach, et elle date de bien avant son voyage en 1705 à Lübeck, car on sait qu’à l’âge de treize ans, alors qu’il résidait chez son frère aîné Johann Christoph à Ohrdruf, il avait copié de sa main la grande Fantaisie-Choral « Nun freut euch lieben Christen g’mein (BuxWV210).

Huguette Dreyfus (1928-2016) possédait un clavecin français Blanchet datant du XVIIIème siècle, mais comme elle ne voulait pas le faire voyager, elle s’est décidée à faire ses enregistrements pour le label Valois sur un clavecin du facteur danois Jørgen Bengaard qui était la propriété de l’organiste Jørgen Ernst Hansen. Ce n’est que plus tard, au tournant des années 70, après sa rencontre avec Claude Mercier-Ythier, qu’elle fera l’acquisition d’un rare clavecin Henri Hemsch de 1754 sur lequel elle fera désormais ses enregistrements.

Au fond, sa démarche était similaire à celle de son contemporain Gustav Leonhardt qui, à la même époque, plutôt que d’enregistrer sur un clavecin historique, a fait également appel à un artisan peu connu, Martin Skowroneck, à ceci près que son instrument, inspiré d’un clavecin Dulcken (Antwerpen 1745), était de sonorité sensiblement plus proche des instruments historiques que celui de Bengaard. L’instrument touché par H. Dreyfus n’en présentait pas moins une densité de son et une variété de couleurs appropriée au style très libre de ces Toccatas.

Les œuvres sont présentées dans l’ordre chronologique. Les Toccatas en ré mineur BWV 913 et mi mineur BWV 914 datant probablement de 1707-1708, alors que les deux autres, en fa dièze mineur BWV 910 et en ut mineur BWV 911, également composées à Weimar sont un peu plus tardives, au plus tard de 1713.

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Dreyfus – J-S Bach – Toccatas for harpsichord BWV 913, 914, 910 & 911

Huguette Dreyfus harpsichord (Jørgen Bengaard)

Recorded in  Copenhagen 1965  (Ing. Peter Willemoës)

Valois LP 77002

Bach’s Toccatas for harpsichord are much less recorded than his other works for this instrument. Howevern they represent an important step in the composer’s evolution. As Harry Halbreich wrote : « With the harpsichord, the Buxtehude type Toccata met an unexpected apotheosis under the impulse of the genius of a twenty-five or thirty- years old Bach in a full artistic revolution. The seven Toccatas BWV 910 to 916 are the most important group of harpsichord works from Bach’s youth and the most striking testimony of his period as a romantic revolutionary roused by Sturm und Drang« .

Buxtehude had a major influence on the young Bach , and this dates back to much earlier than his 1705 travel to Lübeck. Indeed, it has been discovered that at the age of thirteen, when he was living in Ohrdruf with his elder brother Johann Christoph, he made a hand copy of the great organ Choral Fantasy « Nun freut euch lieben Christen g’mein (BuxWV210).

Huguette Dreyfus (1928-2016) owned a French Blanchet XVIIIth century harpsichord, but since she did not want to travel with it, she decided to make recordings for the Valois label on a harpsichord by Danish builder Jørgen Bengaard owned by organist Jørgen Ernst Hansen. Only later, around 1970, after she met Claude Mercier-Ythier, did she buy a rare Henri Hemsch 1754 harpsichord on which she then made her recordings.

In fact, her approach was akin to Gustav Leonhardt’s who during same period, rather than recording on an historical harpsichord, also had resort to an almost unknown independent builder, Martin Skowroneck. But his instrument, inspired by a Dulcken harpsichord (Antwerpen 1745), sounded somewhat closer to the historical instruments than Bengaard’s. Nevertheless, the instrument played by H. Dreyfus had a density of tone and a variety of coulours well adapted to the very free style of these Toccatas.

The works are presented in chronological order. The Toccatas in D minor BWV 913 and E minor BWV 914 were probably composed in 1707-1708, whereas the other two, in F sharp minor BWV 910 and C minor BWV 911, also composed in Weimar came a little later, in 1713 at the latest.

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Scherchen – Forrester – Bach Kantaten BWV 42 & 35

Enregistré en Juin 1964 à Vienne dans la Festsaal du Casino de Baumgarten

Bande 4 pistes 19 cm/s WT-510

Voici avec pour protagonistes principaux Maureen Forrester (1930-2010) et Hermann Scherchen (1891-1966) un enregistrement historique de deux Cantates de Bach BWV 35 « Geist und Seele wird verwirret » et BWV 42 « Am Abend aber desselbigen Sabbats ». Il n’est pas couramment disponible et la bande (WT-510) publiée à l’époque en constitue la meilleure source, apte à reproduire distinctement l’interprétation telle que captée en juin 1964 dans l’acoustique généreuse de la Festsaal du Casino de Baumgarten à Vienne.

Les autres interprètes sont la soprano américaine Teresa Stich-Randall (1927-2007), le ténor britannique Alexander Young (1920-2000), et la basse canadienne John Boyden (1935-1982). L’organiste autrichien Herbert Tachezi (1930-2016), qui venait juste d’intégrer le Concentus Musicus de Vienne, assure la partie d’orgue des deux Cantates, et en particulier l’importante partie solo de la Cantate BWV 35.

Here is, with as main performers Maureen Forrester (1930-2010) and Hermann Scherchen (1891-1966) an historical recording of two Bach Cantatas BWV 35 « Geist und Seele sind verwirret » and BWV 42 « Am Abend aber desselbigen Sabbats ». It is not readily available, and the tape (WT-510) that was then published is the best source, as it distinctly renders the interpretation as recorded in June 1964 in the opulent acoustics of the Festsaal of the Baumgarten Casino in Vienna.

The other interpreters are US soprano Teresa Stich-Randall (1927-2007), British tenor Alexander Young (1920-2000), and Canadian bass John Boyden (1935-1982). The Austrian organist Herbert Tachezi (1930-2016), who very recently joined the Concentus Musicus Wien, plays the organ part in both Cantatas, and especially the important solo part of the Cantata BWV 35.

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Günther Ramin – I – Bach Weihnachts-Oratorium – Kantate 1-3 (STEREO)

Thomanerchor Hamburger Kammerorchester – Enregistré à Hambourg en Décembre 1955

 

English translation (downloadable pdf file): click here

Cet enregistrement, le dernier achevé par Ramin en tant que chef d’orchestre, a été réalisé à Hambourg, pour la firme Concert Hall1, juste après les concerts qu’il a donnés avec le même programme le 1er décembre à Brême (Glockensaal), le 2 décembre à Hambourg (Eglise St-Michaelis), et le 4 décembre à Kiel, mais avec le Thomanerchor et le Gewandhausorchester. Les solistes des concerts étaient: Agnes Giebel, soprano, Lotte Wolf-Matthäus, contralto, Gert Lutze, ténor et Hans-Olaf Hudemann, basse.

Günther Ramin et les solistes saluent le public à la fin du concert de Brême le 1er décembre 1955

 

Il a ensuite redonné l’œuvre à Leipzig, comme c’était le cas chaque année à la même époque depuis 19482, avec quasiment les mêmes solistes que ceux des concerts:

Ensuite, les 17 et 19 décembre, il a commencé à Leipzig (avec Irmgard Seefried et Herta Töpper) l’enregistrement de ce qui aurait dû être une intégrale de la Matthäus-Passion. Son décès subit en février 1956 a empêché la poursuite de ce projet.

Le 20 décembre, le Hamburger Abendblatt annonce la fin de l’enregistrement de l’Oratorio, ce qui laisse supposer que Ramin s’est de nouveau rendu à Hambourg entre le 12 et le 16 pour le terminer avec les solistes et l’orchestre.

Günther Ramin à Hambourg

La publication n’a eu lieu que deux ans plus tard, sur deux microsillons mono, mais l’enregistrement stéréo n’est paru que sur bandes magnétiques CHT/BN-21-2, dont les exemplaires en bon état de conservation sont de nos jours extrêmement rares.

Ces bandes ont fait l’objet d’une recension dans le numéro de décembre 1957 de la revue Tape Recordings:

Les trois cantates enregistrées constituent l’Oratorio de Noël proprement dit. Les commentateurs ont écrit que l’enregistrement était resté inachevé à cause du décès du chef, mais ce n’est pas si clair que ça. En effet, si Ramin donnait chaque année à Leipzig depuis 1948 (et souvent ailleurs: notamment Berlin en 1951 et 1953, Hambourg en 1955) les trois premières cantates à titre de Sonderkonzerte, on ne trouve pas, dans l’ouvrage de référence « Die Gewandhaus-Konzerte zu Leipzig 1791-1981 » (Johannes Forner et al. VEB Deutscher Verlag Leipzig), ni sur le site du Gewandhausorchester, de trace d’une exécution des trois suivantes, et dès son retour à Leipzig, il a commencé l’enregistrement resté inachevé celui-là de la Matthäus-Passion.

En ce mois de décembre 1955, les mélomanes hambourgeois ont eu le choix entre plusieurs exécutions de l’œuvre, dont celle-ci, donnée le 9 à la Musikhalle: (Lore Hoffmann, Ursula Boese, Johannes Feyerabend, Erich Wenk) Niederdeustsches und Hamburger Kammerorchester; Chor der Hamburger Musikgesellschaft und St. Georgs Kirchenchor dir: Kurt Pickert3.

Ainsi, l’enregistrement ne reprend aucun des solistes vocaux des concerts de Ramin, mais on y retrouve à la fois Ursula Boese et le Hamburger Kammerorchester du concert de Pickert.

L’éditeur a eu la main heureuse dans son choix d’un quatuor de jeunes chanteurs:

– Helga Gabriel se produisait régulièrement à Hambourg depuis 1949 dans le répertoire des oratorios et était appréciée par les critiques.

– Ursula Boese (1928-2016), élève de la Musikhochschle de Hambourg, a commencé sa carrière en 1954. Elle a été membre de l’Opéra de Hambourg de 1960 à 1993. Elle est surtout connue pour sa participation au Festival de Bayreuth de 1958 à 1965.

– le ténor néerlandais Leo Larsen a fait une carrière de concerts aux Pays-Bas dans les années 50, avec notamment la Missa Solemnis de Beethoven, la Damnation de Faust de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns.

– la basse Jacob Stämpfli (1934-2014) fait à 21 ans ses débuts au disque, avant de devenir notamment comme interprète de Bach, un des chanteurs marquants de sa génération.

Parmi les solistes du Hamburger Kammerorchester (fondé en 1950 par Hans-Jürgen Walther), on remarque Friedrich Wührer (1925-2000), qui n’était autre que le fils du célèbre pianiste. Il a été pendant des décennies le Konzertmeister du Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, c’est-à-dire l’orchestre de l’Opéra.

Une particularité de cet enregistrement est la spatialisation stéréophonique: les solistes vocaux sont à droite, et les solistes instrumentaux (violon, flûte) à gauche.

Signalons également que le Récitatif n°16 « Und das habt zum Zeichen » de la deuxième cantate est ici chanté par la soprano (son texte concerne en effet l’Ange), plutôt que par l’Evangéliste.

1également connue sous le nom de Musical Masterpiece Society ou en France de Guilde Internationale du Disque. Dans ses mémoires « Erfolg oder Rausschmiss », Ursula Boese confirme que l’enregistrement a eu lieu en décembre 1955.

2 Sonderkonzerte 1948-1955 BWV 248 Kantate 1-3 Thomanerchor; Gewandhausorchester:

11-12 Dezember 1948 (Gertrud Birmele, Lotte Wolf-Matthäus,Gert Lutze,Friedrich Härtel); 8-10-11 Dezember 1949 (Ria Beltz, Lotte Wolf-Matthäus, Rolf Apreck, Gerhard Niese); 16-17 Dezember 1950 (Marianne Basner, Sibylla Plate, Gert Lutze, Johannes Oettel); 15-16 Dezember 1951 (Agnes Giebel, Sibylla Plate, Gert Lutze, Gerhard Niese); 13-14 Dezember 1952 (Else Möller, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Otto Siegl), 12-13 Dezember 1953 (Ulrike Taube, Sibylla Plate, Gert Lutze, Hans-Olaf Hudemann); 11-12 Dezember 1954 (Barbara Groh, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Gerhard Niese); 10-11 Dezember 1955 (Erika Burkhardt, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Hans-Olaf Hudemann).

3un autre concert donné à Hambourg le 18 ou le 19 décembre (Clara Ebers, Maria von Ilosvay, Walter Geisler, James Pease) avec la Singakademie sous la direction de Josef Keilberth a été considéré par la critique comme « extérieur » par rapport à l’intériorité de Ramin, et ses solistes comme « opératiques ».

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