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Ančerl – II – Smetana Ma Vlast IV – VI (Z českých luhů a hájů, Tábor, Blanik) BSO

Karel Ančerl – Boston Symphony Orchestra (BSO)

Smetana Ma Vlast IV: Z českých luhů a hájů (Des forêts et prairies de BohêmeFrom Bohemia’s fields and woods), V: Tábor, VI: Blanik

Berkshire Festival – Tanglewood Shed August 8, 1969

Suite à plusieurs demandes, voici la deuxième partie du concert de 1969 consacré à la première audition intégrale par le BSO du cycle Ma Vlast de Smetana.

Peu après le debut de cette deuxième partie, un violent orage a éclaté sur les monts Berkshire et on peut malheureusement l’entendre à plusieurs reprises sur des durées assez longues, seule l’audition de Tábor restant relativement épargnée.

Le concert n’en a pas moins été un grand succès, comme le montrent les applaudissements et les nombreux rappels à la fin, ainsi que les spectateurs tapant des pieds, qui ajoutent au bruit du tonnerre comme le remarque par un trait d’ humour le présentateur William Pierce.

Further to several requests, here is the second part of the 1969 concert dedicated to the first complete performance by the BSO of Smetana’s cycle Ma Vlast.

Shortly after the beginning of this second part, a violent thunderstorm started over the Berkshires and unfortunately, it can be heard over several rather long stretches of time, only the listening of Tábor remaining relatively spared.

The concert was nevertheless a great success, as shown by the applause and the many recalls at the end, as well as the public foot bumping, described with tongue-in-cheek humor by announcer William Pierce as adding to the thunder.

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Ančerl – I – Gluck Iphigénie en Aulide Ouverture – Dvořák Symphonie n°8 Op.88 Smetana Ma Vlast (Vysehrad, Vltava, Sarka) BSO

Karel Ančerl – Boston Symphony Orchestra (BSO)

Berkshire Festival – Tanglewood Shed

Gluck Iphigénie en Aulide Ouverture – Dvořák Symphonie n°8 Op.88 August 17, 1968

Smetana Ma Vlast (Vysehrad, Vltava, Sarka) August 8, 1969

Karel Ančerl n’a dirigé que trois concerts avec le BSO, à chaque fois à Tanglewood au cours du Festival d’été (Berkshire Festival) en 1968, 1969 et 1972.

Le concert du 17 août 1968 devait à l’origine être donné par Charles Munch avec au programme l’intégrale de Roméo et Juliette de Berlioz qu’il avait dirigée à Boston la même année les 19 et 20 janvier:

En 1967, Munch a fondé l’Orchestre de Paris sur la base de l’ancienne Société des Concerts du Conservatoire. Entre le 14 novembre 1967, date du concert inaugural du nouvel orchestre et le 23 mars 1968, il a dirigé 4 programmes dont chacun a été joué à cinq reprises. Des séances d’enregistrement avec l’Orchestre de Paris ont eu lieu du 23 au 28 octobre 1967 (Berlioz, Honegger) et les 8 et 12 janvier 1968 (Brahms), mais aussi avec l’Orchestre National de l’ORTF les 10 et 16 février 1968 (Debussy).

Munch, malade, n’a pu assurer la tournée en URSS de l’Orchestre de Paris du 14 au 29 avril 1968, ni les concerts prévus en juillet au Festival d’Aix-en-Provence, et il a aussi annulé ses prestations du mois d’août avec les orchestres de Boston et de Cleveland.

Il n’est revenu au pupitre de son nouvel orchestre qu’en septembre pour des enregistrements d’œuvres de Ravel (21 septembre – 3 octobre 1968) et trois concerts les 9, 10 et 12 octobre, avant de partir pour la fatale tournée d’octobre-novembre au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Au cours de cette tournée, il donnera son dernier concert à Boston le 23 octobre.

Pour le concert du 17 août 1968 avec le BSO, Ančerl, qui, aux États-Unis, devait initialement diriger seulement deux concerts avec l’Orchestre de Cleveland au tout nouveau Blossom Music Festival (23 & 24 août, avec notamment les trois œuvres programmées à Boston), a quitté une semaine plus tôt que prévu la Tchécoslovaquie, de sorte qu’il a échappé à l’invasion de son pays le 21 août.

Ančerl a été ré-invité l’année suivante à Tanglewood (Berkshire Festival) pour diriger le 8 août 1969 la Première audition intégrale par le BSO du cycle Ma Vlast de Bedřich Smetana:

Avant ce concert, il a dirigé en juillet de nouveau deux concerts (10 & 12 juillet) avec l’Orchestre de Cleveland au Blossom Music Festival, ainsi que trois concerts (21, 22 & 24 juillet) avec l’Orchestre de Philadelphie (Robin Hood Dell). Ensuite, au mois d’août, il a donné neuf concerts d’été (12 – 29 août) avec le New-York Philharmonic.

De son vivant, Ančerl n’a pas été considéré à sa juste valeur par la presse américaine, surtout la presse new-yorkaise qui le considérait comme un chef « compétent et expérimenté », mais un peu réservé. Cependant, ces extraits de ces deux superbes concerts avec le BSO ne sauraient confirmer de telles opinions. Ils montrent une affinité aussi immédiate que profonde entre lui et le BSO, que le contexte dramatique du concert de 1968 semble renforcer.

Malheureusement, la seconde partie du concert triomphal de 1969 est rendue difficilement audible à cause d’un de ces violents orages d’été déjà fréquents en Nouvelle-Angleterre sur les monts Berkshire.

Il est étonnant qu’Ančerl, qui a ainsi assuré la première audition de Ma Vlast par le BSO, n’ait pas été invité pour redonner cette œuvre  à Boston. Mais l’orchestre avait déjà pour projet de la faire diriger et enregistrer en 1971 par Rafael Kubelik dans le cadre de son contrat avec DGG. Et Ančerl, qui, comme annoncé en mars 1968, avait signé un contrat pour devenir le directeur musical de l’Orchestre de Toronto à partir de la saison 1969/70, notamment pour se mettre à distance de démarches en cours à Prague en vue de son remplacement par Kubelik à la tête du Philharmonique Tchèque, a ainsi retrouvé un problème analogue à Boston, mais pour de toutes autres raisons.

La salle dénommée « Tanglewood Shed » (« hangar ») où sont donnés les concerts symphoniques du Berkshire Festival a été construite en 1938 par Eli Saarinen. Il s’agit d’une structure en acier sur piliers, en forme de triangle ayant un côté curviligne, avec des rangs de sièges disposés en arc de cercle (5100 places), et ouverte sur les côtés et sur l’arrière. Elle donne sur une vaste pelouse qui permet de doubler le nombre de spectateurs. La qualité remarquable de son acoustique, que l’on perçoit nettement dans les enregistrements qui ont à la fois de la largeur et de la profondeur, est due à une structure très innovante pour l’époque composée de panneaux réflecteurs placés au dessus de l’orchestre et d’une partie du public, le « Talbot Canopy », installé en 1959 pour remplacer la classique « conque acoustique » qui existait jusque là.

Tanglewood Shed

Munch BSO 1951 Acoustic Shell / Conque Acoustique

 Munch BSO 1959 – « Talbot Canopy »

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Karel Ančerl conducted only three concerts with the BSO, each time in Tanglewood during the summer Festival (Berkshire Festival) in 1968, 1969 and 1972.

The concert of August 17, 1968 was scheduled to be conducted by Charles Munch with a complete performance of Berlioz’s Roméo et Juliette which he already conducted that same year in Boston on January 19 and 20.

In 1967, Munch founded the « Orchestre de Paris » on the basis of the old « Société des Concerts du Conservatoire ». Between Entre November 14, 1967, date of the inaugural concert of the new orchestra and March 23, 1968, he conducted four programs, each of which was performed five times. Recording sessions took place with the « ‘Orchestre de Paris » from October 23 to 28, 1967 (Berlioz, Honegger) and on January 8 and 12, 1968 (Brahms), but also with the « Orchestre National de l’ORTF » on February 10 and 16, 1968 (Debussy).

Munch, who fell ill, was not able to conduct neither during the USSR Tour of the « ‘Orchestre de Paris » from April 14 to 29, 1968, nor the scheduled July concerts at the « Festival d’Aix-en-Provence », and he also cancelled his August concerts with the Boston and the Cleveland orchestras.

It was not until September that he came back to his new orchestra for studio recordings of works by Ravel (September 21 – October 3, 1968) and three concerts in October 9, 10 and 12, before leaving for the valedictory October- November Tour in Canada, USA, and Mexico. Durind this Tour, he conducted his last Boston concert on October 23.

For the August 17, 1968 concert with the  BSO, Ančerl, who, in the US, was initially scheduled to conduct only two concerts  with the Cleveland Orchestra at the newly created Blossom Music Festival (August 23 & 24 with among others the three same works programmed in Boston), left Czechoslovakia one week earlier than scheduled, well before the August 21 invasion of his country.

Ančerl was re-invited the following year () in Tanglewood (Berkshire Festival) to conduct on August 8, 1969 the first complete performance by the BSO of Bedřich Smetana’s Cyle Ma Vlast.

Before this, in July, he conducted again two concerts (July 10 & 12) with the Cleveland Orchestra at the Blossom Music Festival, and also three concerts (July 21, 22 & 24 July) with the Philadelphia Orchestra (Robin Hood Dell). Then, in August, he gave nine summer concerts ( August 12 – 29) with the New-York Philharmonic.

During his lifetime, Ančerl has not been fully recognized by the US critics, especially in New-York where he was rated as a « competent and experienced », but somewhat reserved conductor. However, these excerpts from these two great concerts are likely to challenge such opinions. They show between him and the BSO an affinity both immediate and deep, which the dramatic context of the 1968 concert seems to increase.

Unfortunately, the second half of the 1969 triumphal concert is almost unlistenable due to one of these violent summer thunderstorms that were already quite frequent in New-England over the Berkshires.

It is astonishing that Ančerl, who was in charge of the first performance of Ma Vlast by the BSO, has not been invited to conduct it in Boston. But the orchestra schedule was already to have it performed and recorded in 1971 Rafael Kubelik within the terms of the contract with DGG. And Ančerl, who, as announced in March 1968, signed an agreement to become music director of the Toronto Orchestra from the 1969/70 season, a.o. to free himself from the steps being taken in Prague to replace him by Kubelik as permanent conductor of the Czech Philharmonic Orchestra, thus met a similar problem in Boston, but for quite different reasons.

The venue named « Tanglewood Shed » where the symphony concerts of the Berkshire Festival take place was built in 1938 by Eli Saarinen. It is a metal structure on pillars, shaped as a triangle with a curved side, with seat rows arranged in arc of circle (5100 seats), and open on its sides and on the back on a large lawn to double the number of spectators. Its remarkable acoustic quality, which may be clearly heard on the recordings which have both width and depth, is due to a then very innovative structure comprised of reflective panels above the orchestra and part of the public, the « Talbot Canopy », installed in 1959 to replace the already existing « Acoustic Shell ».

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Blech- I – Staatskapelle Berlin – Divers 1926-1930

English Translation (downloadable pdf file) : Click here

1- Mozart Nozze di Figaro Ouverture – 29 Septembre 1926

                              Cosi fan tutte Ouverture – 2 Novembre 1926

                   Der Schauspieldirektor Ouverture – 6 Avril 1927

2- Strauss Rosenk. Walzer – Singakademie 12 Décembre 1928

3- Brahms Ungarische Tänzen n° 5 & 6 – 24 Février 1930

4- Dvorák Danses slaves opus 46 n°1 – 27 Février 1930 & opus 46 n°4 – 15 Juin 1930

5 -Smetana Vlatva – Singakademie 10 Décembre 1928

N.B. « Staatskapelle Berlin » est le nom de l’Orchestre du Staatsoper quand il joue en concert.

Reports à partir des 33 tours suivants: Discophilia K1-B1 (1,2); Past Masters PM 14 (3,4) et Melodiya M10-43658 (5)

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I- Biographie

Leo Blech (21 avril 1871- 25 août 1958) a fait l’essentiel de sa carrière à Berlin en tant que « Generalmusikdirektor » du Staatsoper, l’Opéra National (2505 représentations!), ainsi qu’au Städtische Oper (l’Opéra Municipal). Sa biographie, surtout après 1933, est presque incroyable.

Il commence très tôt, en 1893, sa carrière de chef d’opéra à Aix-la-Chapelle où il dirige de nombreux d’opéras du répertoire ainsi que ses nouvelles compositions. En 1899, il est invité par Angelo Neumann à diriger à Prague au « Neues deutsches Theater » un cycle Wagner (Lohengrin, Tristan, Meistersinger) et il y restera 7 ans. Il faut dire qu’après la représentation de Tristan, Mahler a dit à Neumann « Si vous ne le prenez pas, eh bien , je l’emmène à Vienne!« . A Prague, il a l’occasion de donner les premières locales de Tiefland d’Eugen d’Albert, et en 1905 de Salomé après sa Première à Dresde. Richard Strauss le recommande alors comme chef au Berliner Linderoper (Staatsoper). Il y est donc nommé Kapellmeister en 1906, et fait ses débuts à Berlin avec Carmen, son œuvre fétiche qu’il dirigera plus de 600 fois jusqu’en 1953.

Leo Blech en 1906, au moment de sa nomination au Staatsoper

En 1913, il est nommé par l’Empereur Guillaume II Generalmusikdirektor à vie (Königlich Preussisch Generalmusikdirektor), le sixième et dernier musicien à recevoir ce titre, après Mendelssohn, Meyerbeer, Spontini, Karl Muck et Richard Strauss. Ce titre lui permettra d’échapper aux lois raciales et de rester en poste à Berlin jusqu’à sa retraite forcée en 1937.

Publicité de 1917 pour les disques Grammophon « sous la direction personnelle » du  Kgl. GMD Leo Blech

En 1923, suite à une mésentente avec l’intendant de l’Opéra, Max von Schillings, il démissionne pour aller diriger au Deutsche Oper (« Städtische Oper »), et au Volksoper de Berlin et de Vienne, ainsi qu’à l’Opéra de Stockholm. En 1926, après le départ de von Schillings, il reprend son activité avec le titre de Generalmusikdirektor (GMD) puisqu’il lui a été conféré à vie. Le Generalmusikdirektor en poste est Erich Kleiber avec lequel il s’entend très bien. Ce dernier qui admirait beaucoup son aîné, évitait de lui faire sentir qu’il était en réalité son supérieur hiérarchique. Ce sera pour le Staatsoper avec le triumvirat formé par les deux GMD Kleiber et Blech, et le nouvel intendant Heinz Tietjen, avec les plus grands chanteurs de l’époque, et comme chefs invités principaux Bruno Walter et Wilhelm Furtwängler, une ère glorieuse, qui durera jusqu’en 1933, et s’achèvera définitivement avec le départ de Kleiber début janvier  1935.

Les deux GMD du Staatsoper invités à l’ Opernball en 1931: de gauche à droite Leo Blech et Erich Kleiber

L’habileté politique d’Heinz Tietjen, qui a su jouer de la rivalité entre les dirigeants nazis, lui permet de rester GMD jusqu’à sa retraite forcée en avril 1937, la raison officielle étant que le titre conféré à vie par l’Empereur Guillaume II ne pouvait être retiré.

The Times April 24, 1937 – Annonce de la retraite de Leo Blech – Cette représentation de Carmen a été donnée le 3 mars

Les dernières représentations de Leo Blech au Staatsoper en avril 1937

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En 1937, il part donc en exil à Riga et dirige à l’Opéra. Après l’invasion soviétique en 1940, Blech donne des concerts à Moscou et à Leningrad, et le succès est tel qu’on lui aurait dit-on proposé le poste de Directeur du Conservatoire de Moscou, qu’il refusa.

Affiche de l’Opéra de Riga pour Aida et Carmen le 31 octobre et le 6 novembre 1938

En 1941, suite à l’invasion des pays baltes par les Nazis, qui poursuivent leur politique raciale en commettant des massacres de masse, il parvient à contacter Tietjen pour qu’il intervienne afin qu’il puisse rejoindre Stockholm. Une voiture le conduit à l’Ambassade de Suède à Berlin, où un visa est délivré pour lui et son épouse, et il obtient un sauf-conduit pour le voyage. Il entame alors une nouvelle carrière à l’Opéra Royal de Stockholm où il est connu et apprécié, à côté de son gendre Herbert Sandberg.

Après la guerre, Tietjen devient en 1948 intendant à Berlin-Ouest du Deutsche Oper (Städtische Oper) et Blech en devient le GMD en 1949. Son retour est triomphal. Il y reste jusqu’à la fin de l’année 1953.

Première de la nouvelle mise en scène de Zauberflöte le 2 juin 1953

La dernière représentation dirigée par Leo Blech (Städtische Oper Berlin – 28 Novembre 1953)

II – Le chef et son répertoire:

Il était un grand chef wagnérien. Il a notamment dirigé deux fois le Ring à Berlin (1913 et 1929). Strauss lui a confié presque toutes les premières berlinoises de ses opéras (Salomé, Elektra, Ariadne, Frau ohne Schatten, Ägyptische Helena). Parmi les compositeurs de l’époque il dirigea Pfitzner, Schrecker, Busoni (Arlechino, Dr. Faust) et Prokofiev (Amour des Trois Oranges).

Il a beaucoup dirigé Mozart et son répertoire comportait également nombre d’opéras italiens de Verdi et Puccini.

Il a certes donné régulièrement des concerts, mais la carrière de chef de concert n’a jamais été une priorité pour lui.

Si au pupitre, il avait beaucoup de tempérament, et beaucoup de flexibilité dans les tempi, il était connu pour la précision et la discipline de ses répétitions, et la grande sécurité de sa direction pour les chanteurs.

En 1935, Richard Strauss est venu comme chef invité diriger son « Ariadne » au Staatsoper, œuvre que Blech avait donnée peu avant. Strauss a fait une répétition d’ensemble, et au bout d’un moment, il a interrompu la répétition pour remarquer qu’il n’avait pas voulu que sa partition soit exécutée de manière aussi précise qu’écrite (« Gehn S’, so g’nau hab’ ich dös gar net g’meint, als ich dös g’schrieben hab’! ».

Le témoignage de la soprano Delia Reinhardt publié en 1931 est particulièrement significatif: « Chaque soir où j’ai pu chanter sous la baguette de Leo Blech, j’ai pu ressentir à quel point il est merveilleux d’être conduit et accompagné par lui. Sa main et son oreille magistrale ont une telle compréhension pour la voix chantée, qu’il était devenu pour lui une évidence de respirer avec le chanteur. On plane ainsi avec une telle direction d’orchestre dans une liberté qui donne des ailes. C’est quelque chose de vraiment rare et de merveilleux pour l’artiste sur scène.. Et on peut oublier que sur scène, il n’y a la plupart du temps qu’un chanteur et beaucoup de musiciens dans la fosse d’orchestre – on peut être tranquille, rien ne peut arriver ».

Il avait l’habitude, à la fin des représentations, de glisser dans la poche des chanteurs des petits papiers avec des remarques critiques ou des compliments. A ce sujet, les avis des chanteurs étaient pour le moins partagés.

Il y eut à l’Opéra de Stockholm un grave incident qui l’opposa à Birgit Nilsson, et dans ses mémoires, Elisabeth Söderström, tout en reconnaissant ses compétences exceptionnelles, a écrit que les chanteurs le craignaient. Mais peut-être n’était-ce qu’une indication que les temps avaient changé et que ce qui était usuel ou accepté, même avec beaucoup de réticences, jusque dans les années Trente, ne l’était plus à la fin des années Quarante.

Il était également compositeur (7 opéras, une opérette, des pièces pour orchestre et des Lieder). L’Opéra « Versiegelt », créé à Hambourg en 1908, et repris ensuite notamment en 1931 (à Berlin et à Munich) , puis encore une fois après 1945 est l’œuvre qui a rencontré le plus de succès.

III – Repères discographiques:

Il a commencé à enregistrer en 1916 et sa discographie comporte pas moins de 1200 faces 78 tours.

En 1918, il grave entre autres l’ « Eroïca » de Beethoven, les Préludes de Liszt, et Vlatva de Smetana, et à partir de 1921, avec le BPO, l’ « Inachevée » de Schubert, la Cinquième de Beethoven, Siegfried-Idyll de Wagner ainsi que de nombreuses ouvertures.

Ses premiers enregistrements vocaux, avec Frida Leider et Lauritz Melchior, datent de Novembre/Décembre 1923. En 1924, il effectue des enregistrements avec l’orchestre du Staatsoper, et aussi celui de l’autre opéra de Berlin, le Deutsche Oper de Charlottenburg (« Städtische Oper »), notamment la Symphonie n°94 de Haydn.

En 1926/27, seront réalisés des enregistrements légendaires: avec Fritz Kreisler, les concertos de Beethoven, Brahms et Mendelssohn; des scènes d’opéras de Wagner avec Friedrich Schorr, Frieda Leider. Ivar Andresen et Rudolf Laubenthal et enfin la « Neuvième » Symphonie de Schubert enregistrée au Queen’s Hall de Londres avec le LSO.

Notons en 1928 et 1929 , de nouveaux enregistrements wagnériens avec Frida Leider et Lauritz Melchior, ainsi que des extraits des « Meistersinger » enregistrés en public (avril 1928) au Staatsoper.

En 1930, il grave la symphonie n°34 de Mozart, les symphonies n°5 et 8 de Schubert, et la symphonie n°5 de Tchaïkovski.

En 1931, il fait à Londres, au Kingsway Hall, une série d’enregistrements avec le LSO.

Il continuera à enregistrer, essentiellement des extraits d’opéra (avec notamment Erna Berger, Tiana Lemnitz, Julius Patzak et Heinrich Schlusnus) pour DGG et Electrola jusqu’en juin 1935.

A Stockholm, il  fait en 1946 pour HMV quelques enregistrements wagnériens avec Joël Berglund.

Après la guerre, il grave également quelques ouvertures d’opéras d’une part pour DGG à Berlin, et d’autre part en 1947 pour Decca avec l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR). Avec l’OSR, il enregistre aussi la 94ème de Haydn.

Pendant toute sa carrière, il a fait un grand nombre d’enregistrements d’ouvertures d’opéra, de poèmes symphoniques, ou de courtes œuvres pour orchestre.

La politique des éditeurs de disques a eu pour conséquence qu’il est essentiellement connu comme un chef « accompagnant » des chanteurs ou bien le violoniste Fritz Kreisler. La qualité remarquable de ses prestations avec notamment Leider et Melchior, et bien entendu Kreisler, a retenu l’attention, mais pas au point de conduire, sauf à de rares occasions, à la réédition de ses enregistrements purement orchestraux. Pourtant son dynamisme, sa rigueur et son sens du théâtre en font un chef passionnant, plein d’idées originales.

Ce premier programme est une sorte de carte de visite qui le montre sous son jour le plus brillant. Par la suite, d’autres enregistrements permettront d’éclairer les autres facettes de son talent.

Blech savait s’adapter aux limitations des techniques de l’époque. Malgré l’ancienneté des prises de son, les interprétations sont étonnamment lisibles. Les deux enregistrements de 1928, qui bénéficient de l’acoustique de la Singakademie, sont d’une richesse de détails vraiment étonnante.

La Staatsopernkapelle sous la direction d’ Erich Kleiber en 1928

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Bibliographie:

– Leo Blech Ein Brevier von Walter Jacob (Prismen Verlag Hamburg – Leipzig- 1931)

– Leo Blech Komponist-Kapellmeister-GMD  Jutta Lambrecht (Hentrich & Hentrich Centrum Judaicum Berlin 2015)

– Helge Rosvaenge Mach es besser, mein Sohn (Koehler & Amelang – Leipzig 1963)

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