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Furtwängler – II – Beethoven Symphonie n°4 Op.60 – WPO 1950

Wilhelm Furtwängler – Wiener Philharmoniker

Wien Musikvereinsaal – 25 & 30 Januar 1950

Prod: Walter Legge – Eng: Anthony Griffith

Source: EMI-Toshiba Angel WF-60005

Furtwängler a enregistré deux fois cette symphonie pour le disque, en 1950 et en 1952. On ne sait pas exactement pourquoi il a décidé de refaire cet enregistrement (1 et 2 décembre 1952). Toujours est-il que la nouvelle interprétation est nettement inférieure à la précédente, mais pour ses éditions internationales, c’est toujours l’enregistrement de 1952 qu’ EMI/HMV a utilisé, et il a fallu attendre le récent coffret Warner pour que la version de 1950 soit enfin de nouveau largement disponible, mais dans un son qui n’est guère satisfaisant en raison notamment d’une audible détérioration de la bande originale 76 cm/s.

La version de 1950 a tout d’abord été publiée sur 78 tours. En microsillon, il n’y a alors eu qu’une seule et unique édition, en France, sous la référence FALP 116 avec les numéros de matrice 2 XVH 13 et 14:

En juin 1953, la deuxième version a été publiée en microsillon sous la référence britannique ALP1059. En avril 1954, la référence FALP 116 a de manière surprenante été ré-utilisée pour la publication en France de la seconde version, avec cette fois les numéros de matrice 2 XVH 39 et 40:

C’est en 1980 au Japon (EMI-Toshiba WF-60005 sous le label Angel) et en Italie (EMI Italiana 3C 153 53800-5M), qu’ont été publiées les seules autres éditions officielles en microsillon de la version de 1950. Le disque japonais, dans un son superbe, constitue la meilleure source accessible à ce jour, car le microsillon italien est pratiquement introuvable et le CD TOCE-6180 publié ultérieurement par EMI au Japon n’atteint pas le même niveau de qualité.

Sur les étiquettes, on remarque qu’ EMI/Toshiba reprend les numéros de matrice 2 XVH 13 et 14, mais il s’agit en fait d’une nouvelle gravure pour l’édition de 1980.

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Furtwängler has commercially recorded this symphony twice, in 1950 and in 1952. It is not quite clear why he decided to make another recording thereof (1 and 2 December 1952). Be it as it may, the second recording is clearly less succesful than the first one, but, for its international editions, it was always the 1952 version which EMI/HMV used, and it was not until the recent Warner boxset that the 1950 version has at last been made widely available, but with a sound that is less than optimal, partly due to a noticeable deterioration of the 30 ips master tape.

The 1950 version was firstly published on 78 rpm records. There was then only a single LP edition, namely for France, with reference number FALP 116 and matrix numbers 2 XVH 13 et 14.

In June 1953, the second version was published in England as a LP with reference number ALP1059. In April 1954, reference number FALP 116 was surprisingly enough used again for the publication in France of the second version, but this time with matrix numbers 2 XVH 39 et 40.

In 1980 in Japan (EMI-Toshiba WF-60005 under the label Angel) and in Italy (EMI Italiana 3C 153 53800-5M), were published the only other official LP editions of the 1950 version. The Japanese LP, in superior sound, is the best now available source, since the EMI-Italiana LP is almost impossible to find and since the CD TOCE-6180 later published by EMI in Japan does quite reach the same quality level.

On the LP labels, EMI/Toshiba uses matrix numbers 2 XVH 13 and 14, but of course the matrixes have been newly cut for the 1980 edition.

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Walter – IV – Mahler Symphonie n°9 WPO

Musikvereinsaal – 16 Januar (Jänner) 1938

Source: 33t. Angel Japan « The Art of Bruno Walter with WPO »

Cette interprétation mahlérienne à la fois intense et sobre, captée en public, est un document inestimable.

En janvier et février 1938, avant de partir comme chaque année à pareille époque depuis 1933 pour une série de concerts du 3 au 19 mars 1938 avec le Concertgebouworkest d’ Amsterdam, Bruno Walter a dirigé à Vienne des concerts au Musikverein et des représentations au Staatsoper, ainsi qu’un ultime concert à Budapest, selon le calendrier suivant:

6 Janvier Staatsoper: Bizet Carmen

8 Janvier Staatsoper: Verdi Don Carlos

15 & 16 Janvier Musikvereinsaal: Mozart Symphonie n°41 – Mahler Symphonie n°9

17 Février Staatsoper: Weber Oberon

19 & 20 Février Musikvereinsaal: Mendelssohn Sommernachtstraum Ouv. – Wellesz Prosperos Beschwörungen Op.53 – Bruckner Symphonie n°4 (3 ème Version 1888)

21 Février Budapest Theatre Erkel: Mozart Symphonie n°35 – Strauss Don Juan – Bruckner Symphonie n°4 (3 ème Version 1888)

26 Février Staatsoper: Smetana Dalibor (Nouvelle production de Lothar Wallerstein Première)

Cette représentation de Dalibor de Smetana sera la dernière prestation de Bruno Walter à Vienne avant l’Anschluss et son exil forcé.

This intense and yet classical live recorded Mahler performance is an invaluable document.

In January and February, before leaving for Amsterdam like he did each year at the same period since 1933  for a series of concerts from 3 to 19 March 1938 with the Concertgebouworkest, Bruno Walter conducted in Vienna concerts at the Musikverein and at the Staatsoper, as well as a valedictory concert in Budapest, according to the following schedule:

January 6 Staatsoper: Bizet Carmen

January 8 Staatsoper: Verdi Don Carlos

January 15 & 16 Musikvereinsaal: Mozart Symphony n°41 – Mahler Symphony n°9

February17 Staatsoper: Weber Oberon

February 19 & 20 Musikvereinsaal: Mendelssohn Sommernachtstraum Ouv. – Wellesz Prosperos Beschwörungen Op.53 – Bruckner Symphony n°4 (3rd Version 1888)

February 21 Budapest Theatre Erkel: Mozart Symphony n°35 – Strauss Don Juan – Bruckner Symphony n°4 (3rd Version 1888)

February 26 Staatsoper: Smetana Dalibor (New production by Lothar Wallerstein Première)

This  performance of  Smetana’s Dalibor was to be Bruno Walter’s last performance in Vienna before the Anschluss and his forced exile.

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Walter – III – Mozart Symphonies n°38 & 41 WPO – Sinfonia Concertante K.364 NYPO John Corigliano & William Lincer

Mozart

Symphonie n°38 K.504 WPO Musikvereinsaal 18 Dezember 1936

Symphonie n°41 K.551 WPO Musikvereinsaal 11 Januar (Jänner) 1938

Source: 33t. Angel Japan « The Art of Bruno Walter with WPO »

Bruno Walter & Arnold Rosé

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Sinfonia Concertante K.364 NYPO John Corigliano & William Lincer Carnegie Hall 10 March 1946 Source: Bande/Tape (origine: disques/transcription discs)

William Lincer & John Corigliano

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Ces trois enregistrements de Bruno Walter représentent la fin de son activité à Vienne avant la guerre, la Symphonie n°41 accompagnant les 15 et 16 janvier la Neuvième de Mahler au cours de sa dernière série de concerts avant l’Anschluss, ainsi que son unique enregistrement accessible de la Symphonie Concertante pour violon et alto K.364 lors du concert du 10 mars 1946. Il avait déjà dirigé cette œuvre à New York les 5 et 6 mars 1925 avec en solistes Samuel Duskin et Lionel Tertis, et il l’a redonnée les 12 et 13 février 1953 avec Corigliano et Lincer, mais sans retransmission radiophonique à cette occasion. Un enregistrement de concert à Chicago (concert télévisé du 25 janvier 1956 avec John Weicher et Milton Preeves) a été recensé dans une archive privée, mais n’a pas été publié. Le concert du dimanche 10 mars 1946 est particulier en ce sens que son programme (Mozart K364, Brahms Symphonie n°4) est complètement différent de celui des concerts des 7 et 8 mars consacrés à la Passion selon St-Matthieu de Bach, alors qu’en général, le programme radiodiffusé le dimanche reprend en partie le programme de la semaine.

Concernant l’interprétation de la Sinfonia Concertante de Mozart, le critique Noel Straus écrivait: ‘John Corigliano, le concertmaster de l’orchestre, et William Lincer, son premier alto, ont été les solistes de l’opus de Mozart, qui, comme le Brahms, a bénéficié d’une lecture des plus élaborées et des plus élevées. Aucune interprétation ne peut être d’un esprit aussi complètement mozartien que celle qui a été donnée de la Sinfonia Concertante, une oeuvre unique en son genre qui n’a rien perdu de sa fraîcheur juvénile et de son grand attrait au cours des 167 années qui se sont écoulées depuis sa composition. Sous une direction moins, cette composition exquisément façonnée peut facilement dégénérer de la part des deux solistes en une exhibition de virtuosité. Même si une bravoure experte était apportée aux mesures en solo, la musique elle-même et la révélation de sa pleine signification étaient le souci principal de Mr. Walter, et il a montré que c’était possible sans exagérer la composante soliste, avec pour résultat qu’un parfait sens de l’équilibre, rarement obtenu dans cette oeuvre à l’orchestration légère, a été rendu possible. Avec cette manière de faire, la composition a gagné en intimité, et rien n’a été oublié pour projeter le caractère sensible et poétique de son contenu. L’art et la compétence technique de Mr. Corigliano et de Mr. Lincer étaient si complètement en harmonie, leurs sonorités si subtilement intégrées et équilibrées, que leurs jeux formaient remarquablement un tout, et s’inscrivaient en même temps dans le cadre dynamique qui convenait exactement à la fusion avec un accompagnement orchestral finement conçu. Il est difficile d’imaginer un rendu plus éloquent et plus convaincant, ou plus admirable par sa pureté tonale, la beauté de sa texture, par ses couleurs et par son expressivité.’

These three Bruno Walter recordings illustrate the end of his pre-war tenure in Vienna, the Symphony n°41 being played on the 15 and 16 January together with the Mahler Ninth during his last series of concerts there before the Anschluss, as well as his only available recording of the Sinfonia Concertante for violin and viola K.364 during the concert of March 10, 1946. He already conducted this work in New York on 5 and 6 March 1925 with  Samuel Duskin and Lionel Tertis as soloists, and he performed it again on 12 and 13 February 1953 with Corigliano et Lincer, but without broadcast this time. A concert recording in Chicago (TV concert on 25 January 1956 with John Weicher and Milton Preeves) has been listed in a private archive, but hasn’t been published. The concert of Sunday 10 March 1946 is special in the sense that its program (Mozart K.364, Brahms Symphony n°4) is entirely different from the preceding ones on 7 and 8 March dedicated to Bach’s Passion according to St-Matthew, whereas usually, the program of the Sunday broadcast is partly comprised of works played during the week.

Concerning the performance of the Sinfonia Concertante by Mozart, music critic Noel Straus wrote: ‘John Corigliano, the orchestra’s concertmaster and William Lincer, its first viola, were the soloists in the Mozart opus, which, like the Brahms work, gloried in a reading of a most searching and exalted nature. No performance could be more completely Mozartean in spirit than that given of the Sinfonia Concertante, an unrivaled work of its genre that has lost nothing of its youthful freshness and deep appeal with the passage of the 167 years since its creation. Under less fully comprehending direction, the exquisitely wrought composition easily can become first and foremost an exhibition of virtuosity on the part of the two soloists. But for all the expertness of bravoura brought to the solo measures, the music itself and the revelation of its meaning to the full was the primary consideration with Mr. Walter and this he found possible without overstressing the solo element with the result that a perfect sense of balance, rarely achieved in this lightly orchestrated score, became possible. The composition gained in intimacy through this type of treatment, and nothing was left undone to project the sensitive, poetic character of its content. The artistry and skill of Mr. Corigliano and Mr. Lincer was so perfectly matched, their tone so subtly integrated and equalized, that their playing proved remarkably unified, and at the same time was held in just the right dynamic frame to blend absolutely with the finely considered orchestral support. It is difficult to conceive of a presentation of this work more eloquent and persuasive, or more admirable in tonal purity, beauty of texture, coloring and expressiveness.’

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Münchinger – IV – Mozart: Concerto pour Clarinette K622 (Alfred Prinz) & pour Flûte et Harpe K299 (Werner Tripp & Hubert Jelinek) WPO

Enregistré à Vienne à la Sofiensaal les 16 (K622) & 19-21 (K299) septembre 1962

Prod: Christopher Raeburn – Eng: James Brown

Avec trois solistes des Wiener Philharmoniker, voici, sous la baguette de Karl Münchinger, une version privilégiée de ces deux concertos.

Le clarinettiste Alfred Prinz (1930-2014), élève de Leopold Wlach (1902-1956), intègre en 1945 (à 15 ans!) l’orchestre du Wiener Staatsoper. En 1956, il succède à Leopold Wlach en tant que membre des Philharmoniker. Il est 1ère ou 2e clarinette de 1956 à 1964, et 1ère clarinette de 1964 à 1984, puis 2e clarinette jusqu’à sa retraite en 1995.

Le flûtiste Werner Tripp (1930-2003) quitte en 1955 l’orchestre de Graz pour intégrer l’orchestre du Wiener Staatsoper (2e flûte). Il devient membre des Philharmoniker en tant que flûte solo en 1961, poste qu’il conservera jusqu’à sa démission en 1977.

Le harpiste Hubert Jelinek (1909-1980) intègre le Staatsoper et les Philharmoniker en 1936, où il reste jusqu’à sa retraite en 1974.

N.B. L’orthographe admise est Jelinek plutôt que Jellinek.

With three soloists from the Wiener Philharmoniker (WPO), here is, with Karl Münchinger conducting, a privileged version of these two concertos.

Clarinettist Alfred Prinz (1930-2014), pupil of Leopold Wlach (1902-1956) joins in 1945 (at the age of fifteen!) the orchestra of the Wiener Staatsoper. In 1956, he succeds Leopold Wlach (1902-1956) as a member of the Philharmoniker. He is 1st or 2nd clarinet from 1956 to 1964, and 1st clarinet from 1964 to 1984, then 2nd clarinet until his retirement in 1995.

Flutist Werner Tripp (1930-2003) leaves in 1955 the Graz orchestra to join the orchestra of the Wiener Staatsoper (2nd flute). He becomes member of the Philharmoniker as solo flute in 1961, and remains at this post until his resignation in 1977.

Harpist Hubert Jelinek (1909-1980) joins the Staatsoper and the Philharmoniker in 1936, where he remains until his retirement in 1974.

N.B. The acccepted spelling is Jelinek rather than  Jellinek.

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Mitropoulos – VIII – Mahler: Sinfonie n°3 – Kölner Rundfunk SO – Lucretia West, mezzo-soprano

Dimitri Mitropoulos Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester

Lucretia West, mezzo-soprano

Kölner Rundfunkchor dir: Bernhard Zimmermann

Kölner Domchor dir: Adolf Wendel

Köln Funkhaus Saal 1 – 31 Oktober 1960

Lucretia West

Ce fut donc le dernier concert de Dimitri Mitropoulos, qui en dépit de son état de santé, s’était imposé pendant l’été et l’automne 1960 une programmation très chargée, qui est reconstituée ici pour la première fois.

Au Festival de Salzburg 1960, il donne deux concerts triomphaux  (Mendelssohn Symphonie n°3, Schoenberg Variations Op.31 et Debussy La Mer le 21 août, et la Symphonie n°8 de Mahler le 28 août). Ensuite, Il dirige au Wiener Staatsoper six représentations (23, 27 et 30 septembre; 7, 12 et 15 octobre) de la Forza del Destino de Verdi qualifiées de géniales par la presse autrichienne, entrecoupées avec les Wiener Philharmoniker de deux programmes à la Musikvereinsaal, d’une part les 1 et 2 octobre (Mahler Symphonie n°9), et d’autre part les 8 et 9 octobre (Schumann Symphonie n°2, Th. Berger Jahreszeiten et Debussy La Mer). Ces deux programmes sont redonnés au cours d’une courte tournée, le 10 à Graz pour le premier, et  le 11 à Linz pour le deuxième.

Il se rend ensuite à Cologne pour une série de quatre concerts avec l’Orchestre Symphonique de la WDR (Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester).

Le premier de ceux-ci, le 24 octobre, reprend le programme salzbourgeois du 21 août avec le BPO, et le second, le 31 octobre, est donc consacré à cette Troisième de Mahler. Lors du concert du 31, il réussit à surmonter un malaise au cours du premier mouvement, mais il refuse cependant les avis pressants d’interrompre le concert après l’entracte qui suit le premier mouvement, acceptant seulement de diriger assis. En dépit de son état de fatigue extrême, il prend immédiatement après la fin du concert le train de nuit pour Milan où il doit diriger cette même Troisième le 7 novembre avec l’Orchestre de la Scala.

Le soir du 1er novembre, il rédige dans sa chambre d’hôtel milanaise une courte lettre à l’intention de l’épouse de Bruno Zirato*, Nina, qu’il poste le lendemain matin en se rendant à sa répétition avec l’Orchestre de la Scala: « Je suis ici à Milan, malheureux et mort de fatigue, et je m’inquiète de mon état de santé. Le climat de Cologne ne m’a pas fait de bien…. J’étais toujours à court de respiration. Chers amis, priez pour que je puisse retourner à New-York, et qu’ici je ne sois pas obligé d’aller à l’hôpital. Votre malheureux Dimitri ».

Le décès de Mitropoulos au cours de la répétition du 2 novembre a été rapporté dans l’ouvrage de Willam R. Trotter « Priest of Music The Life of Dimitri Mitropoulos« .

Karl O. Hoch (WDR – Leiter der Hauptabteilung Musik) annonce dans son hommage radiophonique que le chef venait d’accepter sa nomination comme Directeur Musical du Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester. On ne connaît pas les programmes des deux autres concerts prévus à Cologne les 14 et 21 novembre.

Mitropoulos avait également des engagements à New-York avec le New-York Philharmonic et le Metropolitan Opera**. Il s’agissait tout d’abord d’un prestigieux concert supplémentaire qui avait été décidé probablement début octobre et pour lequel un accord avait été finalisé le 18 octobre: le « Pension Fund Concert » du 18 décembre avec une rencontre qui promettait d’être exceptionnelle avec le pianiste Sviatoslav Richter (Beethoven Concerto n°1 et Brahms Concerto n°2). Deux répétitions avaient été prévues le 14 et le 17 en tenant compte des engagements que Mitropoulos avait avec le Metropolitan Opera.

Le 28 octobre, le concert a été mis en location par correspondance. L’administration a été submergée par les demandes de billets, et plus de 2000 chèques ont dû être retournés aux souscripteurs. Le concert a finalement été dirigé par Bernstein et Richter a joué Liszt (Concerto n°2) et Tchaïkovski (Concerto n°1).

Pour la saison 1960-1961, Dimitri Mitropoulos avait des engagements pour quatre semaines de concerts successives avec le NYPO:

I – 29 et 30 décembre 1960 1er janvier 1961: Mahler Symphonie n°3 avec Martha Lipton. Le chef de chœur Hugh Ross propose de faire répéter ensemble un chœur féminin (27) du Berkshire Music Center (plutôt que la Schola Cantorum de New-York) et un chœur d’enfants (25) de la High School of Music and Art.

II – 5, 6 ,7 et 8 janvier 1961: Bach-Schoenberg Prélude et Fugue en mi mineur; Katchaturian Concerto pour violoncelle avec Rohan de Saram; Scriabine Prométhée (Poème du Feu) Op.60.

III – 12, 13, 14 et 15 janvier 1961: Mendelssohn Symphonie n°3; Krenek Medea avec Blanche Thebom; Gould Dialogues pour piano et orchestre à cordes avec Morton Gould; Skalkottas Danses Grecques.

IV – 19, 20, 21 et 22 janvier 1961: Beethoven Symphonie n°2; Berg 3 Pièces pour orchestre Op.6; Prokofiev Concerto pour piano n°3 Zadel Skolovsky; Berlioz Rob Roy, Ouverture.

Ces concerts, reprogrammés dans l’urgence, ont été assurés avec des programmes presque entièrement différents, par Stanislav Skrowaczewski pour les deux premiers et Paul Paray pour les deux suivants.

La Troisième de Mahler a été donnée plus tard, les 30 et 31 mars, et les 1 et 2 avril 1961 sous la direction de Leonard Bernstein, à la mémoire de Dimitri Mitropoulos.

Trois ans après son départ de la direction du NYPO, l’attitude de l »administration de l’orchestre à son égard avait changé. Les succès rencontrés au Met ainsi qu’en Europe (Festival de Salzburg, Wiener Staatsoper, WDR Köln) y ont vraisemblablement été pour beaucoup. Un autre indice de ce relatif rapprochement se trouve dans le fait que, pour ses concerts de l’été et de l’automne 1960, Mitropoulos avait emprunté au NYPO la partition orchestrale et le matériel d’orchestre de « La Mer » de Debussy. Après son décès, eut lieu un échange de courrier inquiet entre Joan Bonime (NYPO) et Karl O. Hoch (WDR) pour récupérer ces précieux documents, ce qui eut lieu effectivement dans les semaines qui suivirent. A noter que Mitropoulos, qui dirigeait par cœur, avait laissé la partition dans son appartement de New-York, et n’avait emmené en Europe que le matériel d’orchestre!

Les enregistrements radiophoniques qui nous restent de cette période (les deux concerts de Salzburg, la représentation de la Forza del Destino du 23 septembre au Wiener Staatsoper, la Neuvième de Mahler avec le WPO le 2 octobre et les deux concerts avec l’Orchestre de la WDR Köln avec la magnifique prestation de Lucretia West dans Mahler) sont d’inestimables documents.

* Bruno Zirato était jusqu’en 1959 l’Administrateur Général du New-York Philharmonic. Cette lettre a été publiée dans un article commémoratif signé par Bruno Zirato, inclus dans le programme du Metropolitan Opera du 5 décembre 1960. Mitropoulos avait des engagements au « Met » pour le mois de décembre, mais aucune documentation n’est disponible à ce sujet.

** Le 2 novembre, avant la représentation de Boris Godounov au « Met », l’orchestre joue sans chef la Danse des Esprits Heureux de l’ « Orfeo ed Euridice » de Gluck et Rudolf Bing s’adresse au public en ces termes: « Une autre grande tragédie a frappé le Metropolitan Opera et en fait le monde musical. Notre bien-aimé Dimitri Mitropoulos est décédé ce matin à Milan. Vous l’aimiez tous et vous savez qu’il était un des grands musiciens et un des grands chef d’orchestre de notre temps, ainsi qu’un extraordinaire être humain. Sa perte est personnellement ressentie par chacun au Metropolitan – en fait tous les membres de cet orchestre étaient ses amis. Bien sûr le Metropolitan Opera va continuer et d’autres grands chefs pourraient aller et venir, mais il y aura toujours dans nos cœurs une place spéciale pour Dimitri Mitropoulos « 

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This was Dimitri Mitropoulos’ last concert. In spite of his health condition, he drove himself hard during the summer and the autumn of 1960 with a heavy schedule, reconstructed here for the first time.

At the 1960 Salzburg Festival, he gives two triumphal concerts (Mendelssohn Symphony n°3, Schoenberg Variations Op.31 and Debussy La Mer on August 21, and Mahler Symphony n°8 on August 28). Then, he conducts at the Wiener Staatsoper six performances (September 23, 27 and 30 and October 7, 12 and 15) of Verdi’s « La Forza del Destino » de Verdi considered by the Austrian press as a stroke of genius, interleaved with two programs at the Musikvereinsaal with the Wiener Philharmoniker on the one hand on October 1 and 2 (Mahler Symphony n°9), and on the other hand on October 8 and 9 (Schumann Symphony n°2, Th. Berger Jahreszeiten and Debussy La Mer). These two programs are performed again during a short tour on October 10 in Graz for the first one, and on October 11 in Linz for the second.

Thereafter, he travels to Cologne for a series of four concerts with the WDR Sinfonie Orchester (Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester).

The first of them, on October 24, has the same program as the BPO August 21 Salzburg concert, and the second, on October 31, is then dedicated to the Mahler’s Third. During the October 31 concert, he succeeds in overcoming a stroke during the first movement, but however refuses the urging advices against resuming the concert after the intermission following the first movament, only accepting to conduct seated. After the end of the performance, in spite of his high state of exhaustion, he takes the night train to Milan where he is to conduct that same Third Symphony with La Scala Orchestra on November 7.

On the evening of November 1st, he writes in his Milan hotel room a short letter to Bruno Zirato’s wife*, Nina, which he mails the next morning while going to his rehearsal with the Scala Orchestra: « Here I am in Milano. I am miserable, dead tired, and I am worried over the state of my health. The climate in Cologne did me no good…. I was always short of breath. Dear friends, please pray that I will be able to return to New York, and not be forced to enter a hospital here. Your unhappy Dimitri ».

Mitropoulos’ death during the November 2 rehearsal has been told in Willam R. Trotter’s book « Priest of Music The Life of Dimitri Mitropoulos« .

Karl O. Hoch (WDR – Leiter der Hauptabteilung Musik) announces in his broadcast tribute that the conducter has accepted to become Music Director of the Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester. The programs of the other two Cologne concerts on November 14 and 21 are not known.

Mitropoulos was also to perform in New-York with the New-York Philharmonic and the Metropolitan Opera**. Firstly, it was a prestigious supplementary concert that was probably decided at the beginning of October and for which an agreement was finalized on October 18: the December 18 « Pension Fund Concert » with an exceptionally promising meeting with pianist Sviatoslav Richter (Beethoven Concerto n°1 and Brahms Concerto n°2). Two rehearsals were set on December 14 and 17 to take care of Mitropoulos’ schedule with the Metropolitan Opera.

On October 28, a mail order was launched. The administration was overflooded with orders for tickets and more than 2,000 cheques had to be returned to subscribers. The rescheduled concert was conducted by Bernstein and Richter played Liszt (Concerto n°2) and Tchaïkovski (Concerto n°1).

For the 1960-1961 season, Dimitri Mitropoulos was to perform during four successive weeks with the NYPO:

I – December 29 and 30, 1960 and January 1st, 1961: Mahler Symphony n°3 with Martha Lipton. Choir director Hugh Ross suggested to make joint rehearsals with a women choir (27) from the Berkshire Music Center (rather than from the Schola Cantorum of New York) and a children choir (25) of the High School of Music and Art.

II – January 5, 6 ,7 and 8, 1961: Bach-Schoenberg Prelude and Fugue in E flat; Katchaturian Cello Concerto with Rohan de Saram; Scriabin Prometheus (Poem of Fire) Op.60.

III – January 12, 13, 14 and 15, 1961: Mendelssohn Symphony n°3; Krenek Medea with Blanche Thebom; Gould Dialogues for piano and string orchestra with Morton Gould; Skalkottas Greek Dances.

IV – January 19, 20, 21 and 22, 1961: Beethoven Symphony n°2; Berg 3 Orchestra Pieces Op.6; Prokofiev Piano Concerto n°3 Zadel Skolovsky; Berlioz Rob Roy, Overture.

These concerts, hastily rescheduled, were given with almost entirely different programs by Stanislav Skrowaczewski for the first two and Paul Paray for the next two.

The Mahler Third was performed later on March 30 and 31 and on April 1 and 2, 1961 under the direction of Leonard Bernstein, in Memory of Dimitri Mitropoulos.

Three year after he left the NYPO as its Music director, the administration of the orchestra saw him differently. His success at the Met as well as in Europe (Salzburg Festival, Wiener Staatsoper, WDR Köln) were most certainly very instrumental. Another sign of this better relationship may be found in the fact that, for his 1960 summer and autumn concerts, Mitropoulos borrowed to the NYPO the orchestral score and the orchestral parts of « La Mer » by Debussy. After his death, an anxious exchange of letters took place between Joan Bonime (NYPO) and Karl O. Hoch (WDR) to get back these precious documents, which successfully happened during the next weeks. It is worth noting that Mitropoulos, who conducted by heart, left the orchestral score in his New York flat, and only brought with him to Europe the orchestral parts!

The broadcast recordings that have survived from that period (both Salzburg concerts, the Wiener Staatsoper performance of La Forza del Destino on September 23, the Mahler Ninth with the WPO on October 2 and both WDR Köln concerts, including Lucretia West beautifully singing Mahler) are as many historical documents.

* Bruno Zirato was until 1959 the General Manager of the New-York Philharmonic. This letter was published as part of a tribute signed by Bruno Zirato, in the December 5, 1960 program of the Metropolitan Opera. Mitropoulos was to conduct at the « Met » during the month of December, but it is not documented.

** On November 2, before the performance of Boris Godounov at the « Met », the orchestra plays without a conductor the Dance of the Blessed Spirits from « Orfeo ed Euridice » by Gluck and Rudolf Bing talks to the public with these words: « Another great tragedy has befallen the Metropolitan Opera and indeed the musical world. Our beloved Dimitri Mitropoulos died this morning in Milan. You all loved him, and you know he was one of the great musicians and great conductors of our time, and also an outstanding human being. His loss is felt personally by everyone at the Metropolitan – indeed all the members of this orchestra were his friends. Naturally the Metropolitan Opera will go on and other great conductors may come and go, but there will always be a very special place in our hearts for Dimitri Mitropoulos.« 

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