Catégories
Non classé

Ancerl – Gluck Iphigénie en Aulide Ouverture – Dvorák Symphonie n°8 Op.88 Smetana Ma Vlast (Vysehrad, Vltava, Sarka) BSO

Karel Ančerl – Boston Symphony Orchestra (BSO)

Berkshire Festival – Tanglewood Shed

Gluck Iphigénie en Aulide Ouverture – Dvorák Symphonie n°8 Op.88 August 17, 1968

Smetana Ma Vlast (Vysehrad, Vltava, Sarka) August 8, 1969

Karel Ančerl n’a dirigé que trois concerts avec le BSO, à chaque fois à Tanglewood au cours du Festival d’été (Berkshire Festival) en 1968, 1969 et 1972.

Le concert du 17 août 1968 devait à l’origine être donné par Charles Munch avec au programme l’intégrale de Roméo et Juliette de Berlioz qu’il avait dirigée à Boston la même année les 19 et 20 janvier:

En 1967, Munch a fondé l’Orchestre de Paris sur la base de l’ancienne Société des Concerts du Conservatoire. Entre le 14 novembre 1967, date du concert inaugural du nouvel orchestre et le 23 mars 1968, il a dirigé 4 programmes dont chacun a été joué à cinq reprises. Des séances d’enregistrement avec l’Orchestre de Paris ont eu lieu du 23 au 28 octobre 1967 (Berlioz, Honegger) et les 8 et 12 janvier 1968 (Brahms), mais aussi avec l’Orchestre National de l’ORTF les 10 et 16 février 1968 (Debussy).

Munch, malade, n’a pu assurer la tournée en URSS de l’Orchestre de Paris du 14 au 29 avril 1968, ni les concerts prévus en juillet au Festival d’Aix-en-Provence, et il a aussi annulé ses prestations du mois d’août avec les orchestres de Boston et de Cleveland.

Il n’est revenu au pupitre de son nouvel orchestre qu’en septembre pour des enregistrements d’œuvres de Ravel (21 septembre – 3 octobre 1968) et trois concerts les 9, 10 et 12 octobre, avant de partir pour la fatale tournée d’octobre-novembre au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Au cours de cette tournée, il donnera son dernier concert à Boston le 23 octobre.

Pour le concert du 17 août 1968 avec le BSO, Ančerl, qui, aux États-Unis, devait initialement diriger seulement deux concerts avec l’Orchestre de Cleveland au tout nouveau Blossom Music Festival (23 & 24 août, avec notamment les trois œuvres programmées à Boston), a quitté une semaine plus tôt que prévu la Tchécoslovaquie, de sorte qu’il a échappé à l’invasion de son pays le 21 août.

Ančerl a été ré-invité l’année suivante à Tanglewood (Berkshire Festival) pour diriger le 8 août 1969 la Première audition intégrale par le BSO du cycle Ma Vlast de Bedřich Smetana:

Avant ce concert, il a dirigé en juillet de nouveau deux concerts (10 & 12 juillet) avec l’Orchestre de Cleveland au Blossom Music Festival, ainsi que trois concerts (21, 22 & 24 juillet) avec l’Orchestre de Philadelphie (Robin Hood Dell). Ensuite, au mois d’août, il a donné neuf concerts d’été (12 – 29 août) avec le New-York Philharmonic.

De son vivant, Ančerl n’a pas été considéré à sa juste valeur par la presse américaine, surtout la presse new-yorkaise qui le considérait comme un chef « compétent et expérimenté », mais un peu réservé. Cependant, ces extraits de ces deux superbes concerts avec le BSO ne sauraient confirmer de telles opinions. Ils montrent une affinité aussi immédiate que profonde entre lui et le BSO, que le contexte dramatique du concert de 1968 semble renforcer.

Malheureusement, la seconde partie du concert triomphal de 1969 est rendue difficilement audible à cause d’un de ces violents orages d’été déjà fréquents en Nouvelle-Angleterre sur les monts Berkshire.

Il est étonnant qu’Ančerl, qui a ainsi assuré la première audition de Ma Vlast par le BSO, n’ait pas été invité pour redonner cette œuvre  à Boston. Mais l’orchestre avait déjà pour projet de la faire diriger et enregistrer en 1971 par Rafael Kubelik dans le cadre de son contrat avec DGG. Et Ančerl, qui, comme annoncé en mars 1968, avait signé un contrat pour devenir le directeur musical de l’Orchestre de Toronto à partir de la saison 1969/70, notamment pour se mettre à distance de démarches en cours à Prague en vue de son remplacement par Kubelik à la tête du Philharmonique Tchèque, a ainsi retrouvé un problème analogue à Boston, mais pour de toutes autres raisons.

La salle dénommée « Tanglewood Shed » (« hangar ») où sont donnés les concerts symphoniques du Berkshire Festival a été construite en 1938 par Eli Saarinen. Il s’agit d’une structure en acier sur piliers, en forme de triangle ayant un côté curviligne, avec des rangs de sièges disposés en arc de cercle (5100 places), et ouverte sur les côtés et sur l’arrière. Elle donne sur une vaste pelouse qui permet de doubler le nombre de spectateurs. La qualité remarquable de son acoustique, que l’on perçoit nettement dans les enregistrements qui ont à la fois de la largeur et de la profondeur, est due à une structure très innovante pour l’époque composée de panneaux réflecteurs placés au dessus de l’orchestre et d’une partie du public, le « Talbot Canopy », installé en 1959 pour remplacer la classique « conque acoustique » qui existait jusque là.

Tanglewood Shed

Munch BSO 1951 Acoustic Shell / Conque Acoustique

 Munch BSO 1959 – « Talbot Canopy »

______________

Karel Ančerl conducted only three concerts with the BSO, each time in Tanglewood during the summer Festival (Berkshire Festival) in 1968, 1969 and 1972.

The concert of August 17, 1968 was scheduled to be conducted by Charles Munch with a complete performance of Berlioz’s Roméo et Juliette which he already conducted that same year in Boston on January 19 and 20.

In 1967, Munch founded the « Orchestre de Paris » on the basis of the old « Société des Concerts du Conservatoire ». Between Entre November 14, 1967, date of the inaugural concert of the new orchestra and March 23, 1968, he conducted four programs, each of which was performed five times. Recording sessions took place with the « ‘Orchestre de Paris » from October 23 to 28, 1967 (Berlioz, Honegger) and on January 8 and 12, 1968 (Brahms), but also with the « Orchestre National de l’ORTF » on February 10 and 16, 1968 (Debussy).

Munch, who fell ill, was not able to conduct neither during the USSR Tour of the « ‘Orchestre de Paris » from April 14 to 29, 1968, nor the scheduled July concerts at the « Festival d’Aix-en-Provence », and he also cancelled his August concerts with the Boston and the Cleveland orchestras.

It was not until September that he came back to his new orchestra for studio recordings of works by Ravel (September 21 – October 3, 1968) and three concerts in October 9, 10 and 12, before leaving for the valedictory October- November Tour in Canada, USA, and Mexico. Durind this Tour, he conducted his last Boston concert on October 23.

For the August 17, 1968 concert with the  BSO, Ančerl, who, in the US, was initially scheduled to conduct only two concerts  with the Cleveland Orchestra at the newly created Blossom Music Festival (August 23 & 24 with among others the three same works programmed in Boston), left Czechoslovakia one week earlier than scheduled, well before the August 21 invasion of his country.

Ančerl was re-invited the following year () in Tanglewood (Berkshire Festival) to conduct on August 8, 1969 the first complete performance by the BSO of Bedřich Smetana’s Cyle Ma Vlast.

Before this, in July, he conducted again two concerts (July 10 & 12) with the Cleveland Orchestra at the Blossom Music Festival, and also three concerts (July 21, 22 & 24 July) with the Philadelphia Orchestra (Robin Hood Dell). Then, in August, he gave nine summer concerts ( August 12 – 29) with the New-York Philharmonic

During his lifetime, Ančerl has not been fully recognized by the US critics, especially in New-York where he was rated as a « competent and experienced », but somewhat reserved conductor. However, these excerpts from these two great concerts are likely to challenge such opinions. They show between him and the BSO an affinity both immediate and deep, which the dramatic context of the 1968 concert seems to increase.

Unfortunately, the second half of the 1969 triumphal concert is almost unlistenable due to one of these violent summer thunderstorms that were already quite frequent in New-England over the Berkshires.

It is astonishing that Ančerl, who was in charge of the first performance of Ma Vlast by the BSO, has not been invited to conduct it in Boston. But the orchestra schedule was already to have it performed and recorded in 1971 Rafael Kubelik within the terms of the contract with DGG. And Ančerl, who, as announced in March 1968, signed an agreement to become music director of the Toronto Orchestra from the 1969/70 season, a.o. to free himself from the steps being taken in Prague to replace him by Kubelik as permanent conductor of the Czech Philharmonic Orchestra, thus met a similar problem in Boston, but for quite different reasons.

The venue named « Tanglewood Shed » where the symphony concerts of the Berkshire Festival take place was built in 1938 by Eli Saarinen. It is a metal structure on pillars, shaped as a triangle with a curved side, with seat rows arranged in arc of circle (5100 seats), and open on its sides and on the back on a large lawn to double the number of spectators. Its remarkable acoustic quality, which may be clearly heard on the recordings which have both width and depth, is due to a then very innovative structure comprised of reflective panels above the orchestra and part of the public, the « Talbot Canopy », installed in 1959 to replace the already existing « Acoustic Shell ».

Catégories
Non classé

Munch – II – Roussel: Symphonies n°3 Op.42 & n°4 Op.53 Bacchus & Ariane Suite n°2 BSO

Albert Roussel Charles Munch BSO

Symphonie n°3 Op.42 Boston Symphony Hall – February 7, 1964

Symphonie n°4 Op.53 Boston Symphony Hall – February 12, 1965

Bacchus et Ariane Suite n°2 – Tokyo Hibiya Kokaido May 5, 1960

Dès le début de sa carrière de chef d’orchestre, Charles Munch a dirigé des œuvres d’Albert Roussel, à savoir: en 1933 Bacchus et Ariane, en 1934 le Psaume LXXX, et en 1937 la Rhapsodie Flamande, et à chaque fois, à la grande satisfaction du compositeur.

Il est surprenant qu’au cours dès treize années pendant lesquelles il a été le directeur musical du BSO, il n’ait enregistré pour le disque que la Suite n°2 de Bacchus et Ariane. En effet, à Boston, il a dirigé la Symphonie n°3 Op.42 en 1947, 1948, 1951 et 1954 et la Symphonie n°4 Op.53 en 1949 et en 1959, à chaque fois pour une série de concerts comme c’était l’usage à Boston, mais aussi le Concerto pour piano, le Festin de l’Araignée, la Suite en fa, et la Rhapsodie Flamande.

Après sa démission en 1962, il est revenu tous les ans à Boston comme chef invité, en programmant la Symphonie n°3 Op.42 en 1964 puis la n°4 Op.53 en 1965, l’année de ses enregistrements de ces deux symphonies (et de la Suite en fa) avec l’Orchestre Lamoureux, qui sont immédiatement devenus des références discographiques. Ces enregistrements publics qui documentent ses interprétations à Boston de deux œuvres au cœur de son répertoire n’en sont que plus précieux.

Ses derniers concerts avec le BSO ont eu lieu les 19 et 20 janvier 1968 avec l’audition intégrale du Roméo et Juliette de Berlioz.

La Suite n°2 de Bacchus et Ariane était un des chevaux de bataille de Munch, avec pas moins de 70 exécutions avec le BSO entre 1946 et 1965, dont 7 au cours de la tournée de 1960 (« Far East Tour »). Au cours de cette très longue tournée qui s’est étendue du 29 avril au 17 juin, l’orchestre, sous la direction de Charles Munch, d’Aaron Copland et de Richard Burgin (Concert-master de l’orchestre), a donné 34 concerts à Taïwan, au Japon, aux Philippines, en Australie et en Nouvelle Zélande.

Le concert public du 5 mai a eu lieu le lendemain du concert officiel télévisé donné à Tokyo dans la Salle de concert de la NHK (Beethoven Symphonie n°3, Ravel Daphnis et Chloé Suite n°2), le tout premier concert du BSO au Japon (DVD NHK Classical NSDS-9486).

____________

____________

Since the beginning of his career as a conductor, Charles Munch performed works by Albert Roussel, namely: in 1933 « Bacchus et Ariane », in 1934 the Psalm LXXX, and in 1937 the « Rhapsodie Flamande » (Flemish Rapsody), and each time the composer was very happy with his performances.

It is surprising that, during his thirteen year tenure as music director of the BSO, he only recorded commercially the Suite n°2 of « Bacchus et Ariane ». Indeed, in Boston, he conducted the Symphony n°3 Op.42 in 1947, 1948, 1951 and 1954, and the Symphony n°4 Op.53 in 1949 and in 1959, each time for a series of concert, as was usual in Boston, but also the Piano Concerto, the « Festin de l’Araignée » (Spider’s Feast), the Suite in F, and the « Rhapsodie Flamande » (Flemish Rapsody).

After he resigned in 1962, he came back to Boston every year as guest conductor, and he performed the Symphony n°3 Op.42 in 1964 and then n°4 Op.53 in 1965, the very year when he recorded commercialy both Symphonies (as well as the Suite in F) with the Lamoureux Orchestra, which immediately became reference recordings. These public performances which document his interpretations in Boston of these two works at the very heart of his repertoire are all the more treasurable.

His last concerts with the BSO took place January 19 and 20, 1968 with complete performances of Berlioz’s « Roméo et Juliette ».

Suite n°2 of « Bacchus et Ariane » was one of Munch’s favourites, with no less than 70 performances with the BSO between 1946 et 1965, 7 of them during the 1960 Tour (« Far East Tour »). During this very long Tour which took place between April 29 and June 17, the orchestra, conducted by Charles Munch, Aaron Copland and Richard Burgin (the orchestra Concert-master), gave 34 concerts in Taïwan, Japan, Philippine Islands, Australia and New-Zealand.

The May 5 public concert took place the day after the official televised concert given in Tokyo in the NHK Concert Hall (Beethoven Symphony n°3, Ravel « Daphnis et Chloé » Suite n°2), the very first BSO concert in Japan (DVD NHK Classical NSDS-9486).

Catégories
Non classé

Cantelli – V – Ouvertures: Rossini ( Il Signor Bruschino; Cenerentola; Semiramide), Verdi (La Forza del Destino) & Wagner (Faust-Ouvertüre)

Meilleurs Vœux pour 2022 avec/ Best Wishes for 2022 with:

Rossini

Il Signor Bruschino – NYPO Carnegie Hall 29 mars 1953

Cenerentola – NBC SO Carnegie Hall 14 février 1954

Semiramide – BSO Boston Symphony Hall 31 janvier 1953

_____

Verdi La Forza del Destino NBC SO Carnegie Hall 2 février 1952

Wagner Faust-Ouvertüre NYPO Carnegie Hall 22 mars 1953

Voici pour débuter cette année cinq ouvertures interprétées avec trois orchestres (New York Philharmonic; NBC Symphony Orchestra; Boston Symphony Orchestra) pour lesquelles les interprétations de Cantelli se situent dans le droit fil de Toscanini. On notera cependant qu’il y a ici plus de respiration et de souplesse, et que l’enthousiasme y est celui de la jeunesse. Mais Toscanini lui-même ne disait-il pas de Cantelli que c’était lui quand il était jeune?

L’ouverture qu’il a le plus jouée était Semiramide, depuis le Festival d’Edimbourg 1950 (le 6 septembre) avec l’orchestre de la Scala: il en reste un bref extrait de 3’45 filmé en répétition à Usher Hall (pour un extrait d’une minute, cliquer ICI ), jusqu’à son tout dernier concert le 17 novembre 1956 à Novara avec ce même orchestre.

_____________

For the beginning of this New Year, here are five Overtures performed with three orchestras (New York Philharmonic; NBC Symphony Orchestra; Boston Symphony Orchestra) in which Cantelli’s performances are in line with Toscanini’s. There are, it is worth noting, more breathing and flexibility, and the enthusiasm is that of youth. But didn’t Toscanini himself say that Cantelli was like himself when he was young?

The Overture he performed most was Semiramide, since the 1950 Edinburgh Festival (September, 6) with the Scala Orchestra, of which remains a short  filmed 3’45 rehearsal excerpt shot in Usher Hall (click HERE for one minute thereof), until his very last concert on November, 17, 1956 in Novara, with the same orchestra.

Guido Cantelli: NYPO March 29, 1953 – BSO Jan. 30 & 31, 1953 – NYPO March 22, 1953

Catégories
Non classé

Forrester – III – Mahler: Kindertotenlieder – Lieder eines fahrenden Gesellen – Munch BSO

Maureen Forrester, contralto

Boston Symphony Orchestra Charles Munch

Boston Symphony Hall – 27 décembre 1958

Les enregistrements de Maureen Forrester sont des joyaux de la discographie mahlérienne. On ne ne connait pas la raison du choix de Charles Munch pour diriger ces œuvres, car c’est quasiment la seule fois où, avec le BSO, il a abordé ce compositeur. Le fait est que le disque commercial qui en est résulté est réussi, tant du point de vue du chant que de la direction.

C’est la première fois que les Kindertotenlieder  sont donnés par le BSO dans le cadre des concerts d’abonnements à Boston. Auparavant, Marcia Davenport les avait chantés en 1944 avec des membres du BSO sous la direction de Bernard Zighera, et en 1949 le Festival de Tanglewood les avait programmés avec Helen Spaet sous la direction d’Howard Shanet.

Mahler avait été précédemment beaucoup plus joué à Boston qu’on ne le pense:

Symphonie n°1: Monteux (1923), Mitropoulos (1936), Burgin (1942, 1943, 1955)

Symphonie n°2: Muck (1918), Bernstein (1948, 1949, 1953)

Symphonie n°4: Burgin (1945, 1954, 1957), Walter (1947)

Symphonie n°5: Gericke (1906); Muck (1913-1915), Koussevitzky (1937, 1938, 1940), Burgin (1948, 1951)

Symphonie n°7: Koussevitzky (1948)

Symphonie n°9: Koussevitzky (1931-1933, 1936, 1941), Burgin (1952)

Das Lied von der Erde: Koussevitzky (1928, 1930, 1936,1937, 1949), Burgin (1943, 1950)

Koussevitzky n’était pas du tout répertorié comme chef mahlérien, et après lui, la direction des œuvres de Mahler a été, au cours des années cinquante, surtout confiée à Richard Burgin, le « concert-master » de l’orchestre (notamment les Lieder eines fahrenden Gesellen en 1952), plutôt qu’à des chefs invités.

Le concert du 27 décembre 1958 est la plus ancienne archive conservée en stéréo du BSO en public. L’interprétation en concert se caractérise par une très grande écoute réciproque entre la soliste et les membres de l’orchestre que le chef laisse heureusement se développer. Rappelons que Munch a été pendant plusieurs années un des violons solo du Gewandhausorchester de Leipzig, qui était surtout l’orchestre de l’Opéra, et qu’en cette qualité, il avait acquis une grande expérience de l’accompagnement des solistes.

Le choix du reste du programme n’était pas particulièrement heureux. Pour terminer, Munch s’était en effet livré  dans la Symphonie n°3 de Saint-Saëns à une des prestations spectaculaires qu’il affectionnait, ici relativement bien mise en place, et qui lui ont valu à la fois beaucoup de succès et beaucoup de critiques.

Maureen Forrester’s recordings are jewels of the Mahler discography. It is not known why Charles Munch was chosen to conduct these works, since it is the only time he conducted them, and almost the only time he conducted this composer with the BSO. Anyway, the commercial recording that came out of it was successful, for the singing as well as the conducting.

It was the first time that the Kindertotenlieder were performed at the BSO abonnement concerts. Earlier, Marcia Davenport sang them in 1944 with members of the BSO conducted by Bernard Zighera, and in 1949 they were performed at the Tanglewood Festival by Helen Spaet and conducted by Howard Shanet.

In Boston, Mahler was previously performed more than one thinks:

Symphony n°1: Monteux (1923), Mitropoulos (1936), Burgin (1942, 1943, 1955)

Symphony n°2: Muck (1918), Bernstein (1948, 1949, 1953)

Symphony n°4: Burgin (1945, 1954, 1957), Walter (1947)

Symphony n°5: Gericke (1906); Muck (1913-1915), Koussevitzky (1937, 1938, 1940), Burgin (1948, 1951)

Symphony n°7: Koussevitzky (1948)

Symphony n°9: Koussevitzky (1931-1933, 1936, 1941), Burgin (1952)

Das Lied von der Erde: Koussevitzky (1928, 1930, 1936,1937, 1949), Burgin (1943, 1950)

Koussevitzky did not have a reputation as a Mahler conductor, and after him, during the 50’s his works were mostly conducted by Richard Burgin, the orchestra « concert-master » (a.o. the Lieder eines fahrenden Gesellen in 1952), rather than by invited conductors.

The December 27, 1958 concert is the oldest stereo archive from the BSO live. The public performance shows a quite great mutual hearing between the soloist and the orchestra members which the conductor lets develop freely. For several years, Munch was one of the « Konzertmeister » of the Leipzig Gewandhausorchester, mainly performing at the Opera, and he then acquired a great experience with the accompaniment of singers.

The remainder of the program was not particularly well chosen. To end the concert, Munch delivered in Saint-Saëns’ Symphony n°3 one of the spectacular performances he was fond of, rather well in place, of a type that owned him plenty of successes as well as criticisms.

Les liens de téléchargement sont dans le premier commentaire. The download links are in the first comment.

Catégories
Non classé

Cantelli – III – Verdi Requiem

Concert du 18 décembre 1954 au Boston Symphony Hall

English Translation (downloadable pdf file):  click here

En hommage à Lorna Cooke de Varon à l’occasion du centenaire de sa naissance.

Programme du Boston Symphony Orchestra

En décembre 1954, Guido Cantelli revient à Boston1 où il dirige pour la première fois de sa carrière le Requiem de Verdi2. Après une répétition publique le 16, il le donnera à quatre reprises dans le cadre des concerts d’abonnement les 17, 18, 19 et 21. Deux d’entre eux (les 18 et 21 décembre) ont été retransmis par la Radio.

C’est aussi une première à la fois pour l’orchestre et le chœur. En effet, et cela surprend, le BSO n’avait jamais joué cette œuvre à Boston, et s’il l’avait déjà donnée, ce n’était qu’à une seule reprise, au cours d’une tournée, lors d’un concert sous la direction de Nikisch au Old City Hall de Pittsburgh le 1er mai …. 1891.

Lorna Cooke de Varon (17 janvier 1921 – 6 octobre 2018) a dirigé pendant plus de 40 ans, de 1947 à 1988, le New England Conservatory Choral Department. Elle est particulièrement renommée pour son activité avec le New England Conservatory Chorus, dont le très haut niveau se situe dans le droit fil de l’enseignement de son professeur Robert Shaw.

Le chœur, l’orchestre ainsi que L. Cooke de Varon et G. Cantelli qui ont respectivement 33 et 34 ans donnent donc l’œuvre pour la toute première fois, un vrai défi.

Les solistes ont été choisis dans la lignée de Toscanini. Herva Nelli (1909-1994) et Nicola Moscona (1907-1975), habitués de ses concerts, ont d’ailleurs chanté l’œuvre sous sa direction. Avec Toscanini, Eugene Conley (1908-1981) a chanté la Missa Solemnis de Beethoven et Claramae Turner (1920-2013), le rôle d’Ulrica de Ballo in Maschera.

Dans un article intitulé « In Memory of Guido Cantelli » (janvier 1968), le critique B.H. Haggin écrivait que l’enregistrement du concert de Boston était pour lui la seule version qui soit du niveau de Toscanini.

Après le succès triomphal de ces concerts (écoutez la « désannonce » à la fin: « We wish you could have been here with us to see as well as hear these ovations, literally ovations, for this performance of the Requiem Mass by Giuseppe Verdi« ), il est étonnant que Cantelli n’ait pas été de nouveau invité à diriger l’orchestre. Toutefois, son nom a très vite circulé comme un possible successeur de Munch.

Avec trois autres concerts données les 24, 25 et 28 décembre (Vivaldi Concerto Grosso Op.3 n°11, Brahms Symphonie n°3, Respighi Fontane di Roma et Pini di Roma), se terminera sa collaboration avec le BSO.

1 Il est venu pour la première fois à Boston pour diriger une série de concerts entre le 30 janvier et le17 février 1953 avec notamment la 93ème symphonie de Haydn, la 4ème de Schumann, les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski, la 5ème de Tchaïkovski, Jeu de Cartes de Stravinsky, ainsi que deux ouvertures de Rossini (Sémiramis et La gazza ladra). Il y eut ensuite trois concerts les 26, 27 et 28 mars 1954 avec la Musique pour cordes, percussions et célesta de Bartók et la 1re de Brahms.

2 Cantelli dirigera ensuite le Requiem de Verdi à New-York (3, 4 et 6 février 1955 avec Herva Nelli, Claramae Turner, Richard Tucker, Jerome Hines, Westminster Choir, NYPO) et à Londres (1 et 6 juillet 1956 avec Elisabeth Schwarzkopf, Ebe Stignani, Ferrucio Tagliavini, Giuseppe Modesti, Croydon Philharmonic Choir, Philharmonia Orchestra). Il devait le donner à Turin le 31 mai 1957 avec l’orchestre de la RAI-Torino. Il sera remplacé par Mario Rossi et le concert sera dédié à sa mémoire.

Les liens de téléchargement sont dans le premier commentaire. The download links are in the first comment.