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Panzéra – Fauré Mélodies M. Panzéra-Baillot

A l’occasion du 125ème Anniversaire de la naissance de Charles Panzéra

Charles Panzéra, baryton – Magdeleine Panzéra-Baillot, piano

La Bonne Chanson Op.61 (Paul Verlaine): Une sainte en son auréole – Puisque l’aube grandit – La lune blanche luit dans les bois – J’allais par des chemins perfides – J’ai presque peur en vérité – Avant que tu ne t’en ailles – Donc ce sera par un clair jour d’été – N’est-ce pas? – L’hiver a cessé

Paris Studios Albert – 30 septembre & 1er octobre 1936

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Quatre Mélodies (Paul Verlaine): En sourdine Op58 n°2* – C’est l’extase Op58 n°5 – Clair de lune Op46 n°2** – Spleen Op51 n°3

10 Mélodies: Chanson du pêcheur Op4 n°1 (Théophile Gautier) – Aurore Op39 n°1 (Armand Silvestre) – Les Berceaux Op23 n°1 (Sully Prudhomme) – Lydia Op4 n°2 (Leconte de Lisle)** – Automne Op18 n°3 (Armand Silvestre) – Nocturne Op43 n°2 (Villiers de l’Isle Adam) – Soir Op83 n°2 (Albert Samain) – Après un rêve Op7 n°1 (Romain Bussine) – Au cimetière Op51 n°2 (Jean Richepin) – Le Parfum impérissable Op76 n°1 (Leconte de Lisle)*

L’Horizon Chimérique Op118 Jean de la Ville de Mirmont): La Mer est infinie – Je me suis embarqué – Diane, Séléné – Vaisseaux, nous vous aurons aimés

Paris Studios Albert: 1933*; 1935**; 1937

33t. Toshiba- EMI GR2034 & GR2162

Charles Panzéra (1896-1976) est né à Genève de parents français. Il fait ses études au Conservatoire de Paris, mais elles sont interrompues en 1914 par son incorporation dans l’armée, non sans que Gabriel Fauré ait remarqué son talent hors du commun. Après l’armistice, il obtient son diplôme et débute à l’Opéra-Comique en 1919 où il reste trois saisons. Gabriel Fauré l’oriente vers l’interprétation de la musique vocale, et il lui dédie ses dernières mélodies, le cycle L’Horizon chimérique, composé à l’automne 1921.

Le chant de Panzéra était étonnamment moderne, et dans ses interprétations des mélodies de Gabriel Fauré, avec lequel il a beaucoup travaillé, il a su conjuguer la pureté et le classicisme du style avec la passion dans l’expression, au plus près des souhaits du compositeur. Sa voix possédait d’ailleurs une puissance rarement rencontrée chez les barytons qui chantent la mélodie française. La perfection de sa diction a été analysée par Roland Barthes. De plus, il formait avec son épouse Magdeleine Panzéra-Baillot (1893-1982), qui était une remarquable pianiste, un duo parfaitement intégré.

Il était apprécié des compositeurs de son temps, par exemple Duparc (« tous ceux qui ont eu le bonheur de vous entendre ont emporté du concert un impérissable souvenir »), Honegger (« le meilleur chanteur de mélodies à l’heure actuelle »), ou bien Philippe Gaubert, à la fois compositeur et chef d’orchestre (« Panzéra est certainement le premier chanteur de mélodies à l’heure présente »), sans oublier Furtwängler (« Panzéra est un admirable artiste »).

En décembre 1951, ils ont enregistré deux microsillons MG 10097 & MG 10098 pour la firme Mercury, mais sa voix n’était plus à son sommet. Ces disques sont alors tombés dans un oubli discret et sont même devenus introuvables, ce qui est dommage car on y trouve des pièces pour piano seul ainsi que des œuvres nouvelles dans sa discographie:

MG 10097 – Debussy & Fauré: Debussy: Romance – La grotte – Fêtes Galantes: Le Faune – Colloque sentimental piano solo: Images (1re série): Reflets dans l’eau – Préludes 1er livre: La Cathédrale engloutie & Minstrels/ Fauré: Chanson du pêcheur Op4 n°1 – Lydia Op4 n°2 – Adieu Op21 n°3 – L’Horizon chimérique Op119 piano solo: Barcarolle n°2 Op41

MG 10098: Ravel: Cinq mélodies populaires grecques – Quatre chants populaires piano solo: Jeux d’eau/ Compositeurs français contemporains: Poulenc Priez pour paix – Milhaud Berceuse – Honegger Murcie en fleurs – Trémois Le voyage – Delvincourt Enlèvement en mer – Aubert Les Souliers de l’Avocat (dédié à Panzéra) – Noël-Gallon Chanson du Vieux piano solo: Poulenc Caprice italien – Ropartz Ronde


Charles Panzéra (1896-1976) is born in Geneva from French parents. He studies at the Paris Conservatoire, and in 1914, he has to join the Army, but Gabriel Fauré had already spotted his outstanding talent. After the armistice, he obtains his diploma and makes his debut at the Opéra-Comique in 1919 where he remains during three seasons. Gabriel Fauré directs him toward the interpretation of vocal music, and dedicates to him his last melodies, the cycle L’Horizon chimérique, composed in the autumn of 1921.

Panzéra’s singing was astonishingly modern, and in his performances of the melodies by Gabriel Fauré, with whom he has worked a lot, he was able to combine the purity and the classicism of the style with the passion of the expression, closest to what the composer wished. His voice was much larger than the one of the other baritones singing the repertoire of French melodies. How perfectly he mastered the pronunciation of French language has been analysed by Roland Barthes. Morever, he made with his wife Magdeleine Panzéra-Baillot (1893-1982), who was a remarkable pianist, a fully integrated duet.

He was appreciated by compositers of his time, e.g. Duparc (« all those who were lucky to listen to you have taken of the concert an imperishable memory« ), Honegger (« nowadays, the best melody singer« ), or Philippe Gaubert, both composer and conductor (« Panzéra is certainly the first melody singer at the present time« ), without forgetting Furtwängler (« Panzéra is a wonderful artist »).

In December 1951, they recorded two LPs MG 10097 & MG 10098 for Mercury (see above), but his voice was past its prime. Then, these records slowly fell into quiet oblivion, and are even impossible to find, which is a pity because they contain solo piano works as well as works that are new to his discography.

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Walter – II – Mahler Symphonie n°4 – NYPO – Seefried

New York Philharmonic – Bruno Walter – Irmgard Seefried, soprano

Carnegie Hall – 4 janvier 1953

Irmgard Seefried a chanté pour la première fois avec Bruno Walter au Festival de Salzburg 1950, les 23 et 24 août, avec au programme cette même Quatrième Symphonie qu’elle a aussi donnée sous sa direction au Festival d’Edinburgh le 22 août 1951 lors de son tout premier concert avec le NYPO. Sa première apparition à New York a été un récital à Town Hall le 9 décembre 1951 avec Paul Ulanowsky, lors de sa première tournée américaine.

Le concert radiodiffusé du dimanche 4 janvier ne comportait pas les mêmes œuvres que les deux précédents, donnés les 1er et 2 janvier* qui proposaient quatre Lieder avec orchestre de Mahler (Ich bin der Welt abhanden gekommen, Wo die schönen Trompeten blasen, Ich atmet’ einen linden Duft, Wer hat dies Liedlein erdacht), des premières pour le NYPO, dont on n’a hélas pas l’enregistrement, ce qui est d’autant plus regrettable que ce sont les seuls concerts où Seefried et Walter les ont programmées:

* le concert du 3 janvier 1953 a été dirigé par Franco Autori avec un tout autre programme (Debussy Cathédrale Engloutie, Beethoven Concerto n°5 Eugene Istomin, Sibelius Symphonie n°2).

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Seefried a déclaré en 1982 dans une interview: « J‘ai appris de Bruno Walter le style de Mahler. Il m’a dit que Mahler était quelqu’un de très sérieux et de très strict, qu’il fallait le chanter de manière claire et classique, et que pour le Final de la Quatrième, je devais avoir le sentiment dêtre un petit ange chérubin avec une petite trompette, alors que la plupart des sopranos le font comme une petite berceuse ».

Il reste à expliquer pourquoi, lors du concert du dimanche, la Symphonie n° 35 « Haffner » de Mozart (17′) a été jouée au lieu des quatre mélodies de Mahler (durée totale 15′) qui auraient été le choix logique. L’explication est qu’une séance d’enregistrement était programmée le lundi 5 janvier, dans les Studios Columbia avec la Symphonie « Haffner » et …… « Siegfried Idyll » de Wagner. Il n’est guère étonnant qu’au vu de la charge de travail de l’orchestre en ce début d’année, la séance du 5 janvier ait été peu productive et que l’essentiel de ce qui a été publié provienne de la séance supplémentaire programmée à la hâte le 16 janvier (Mozart Symphonie n°35: 16 janvier; Wagner Siegfried Idyll: 5 & 16 janvier), organisée alors même que l’orchestre donnait ce jour-là en début d’après-midi un concert sous la direction de George Szell.

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Irmgard Seefried sang for the first time with Bruno Walter at the 1950 Salzburg Festival, on August 23 and 24, and it was this Fourth Symphony which she also sang under his direction at the Edinburgh Festival on August 22, 1951 for her very first concert with the NYPO. During her first US tour, she was heard at a Town Hall recital with Paul Ulanowsky on December 9, 1951,  and this was the first time she sang in New York.

The Sunday January 4 broadcast was not comprised of the same works as the two other ones on January 1 and 2* which proposed four Mahler orchestral Lieder (Ich bin der Welt abhanden gekommen, Wo die schönen Trompeten blasen, Ich atmet’ einen linden Duft, Wer hat dies Liedlein erdacht), first performances with the NYPO, and there is unfortunately no recording thereof, which is all the more regrettable since these were the only concerts at which Seefried and Walter performed them.

* the January 3, 1953 concert was conducted by Franco Autori with an entirely different program (Debussy Cathédrale Engloutie, Beethoven Concerto n°5 Eugene Istomin, Sibelius Symphonie n°2).

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In a 1982 interview, Seefried declared: « I learned the style of Mahler from Bruno Walter. He told me that Mahler was somebody very serious, very strict, that he had to be sung in a clear and classical way, and that for the Final movement of the Fourth, I was to have the feeling of being a tiny Cherubino angel with a tiny trumpet, whereas most sopranos do it as a little lullaby« .

There remains to explain why, at the Sunday broadcast concert, Mozart’s Symphony n° 35 « Haffner » (17′) has been played instead of the four Mahler Lieder (total timing:15′) which would have been the logical choice,. The reason was that a recording session had been scheduled on Monday January 5) at the Columbia Studios with the « Haffner » Symphony and…… Wagner’s « Siegfried Idyll ». Small wonder that, in view of the orchesta’s workload on this first week of 1953, the January 5 session had not been very successful, and that the major part of what has been published came from the hastily organized additional session on January 16 (Mozart Symphony n°35: January 16; Wagner Siegfried Idyll: January 5 & 16) scheduled although the orchestra was giving that very day an afternoon  concert with George Szell.

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Flagstad 1950-1951 – Wagner Wesendonck Lieder Øivin Fjeldstad – Grieg Haugtussa Op.67 Edwin Mc Arthur

Kirsten Flagstad

Wagner Wesendonck Lieder (Der Engel – Stehe still – Im Treibhaus – Schmerzen – Träume)

Filharmonisk Selskaps Orkester (Orchestra of the Philharmonic Society Oslo)

Dirigent: Øivin Fjeldstad (concert Oslo – Nationaltheatret – Dec. 16, 1951)

33t. Acanta BB 23.189

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Grieg Haugtussa Op.67 (Det Sing – Veslemöy – Blåbær-Li – Møte – Elsk – Killingdans – Vond Dag – Ved Gjætle-Bekken)

Edwin Mc Arthur, piano ( Los Angeles – April 26, 1950)

33t. RCA LM-2825

Ces deux cycles de mélodies sont ceux que Kirsten Flagstad a le plus donné en concert au cours de sa carrière.

Elle a chanté un nombre incalculable de fois les deux derniers Wesendonck Lieder (Schmerzen, Träume) au cours de ses récitals. Mais ce n’est que le 8 juin 1939 qu’elle a donné pour la première fois le cycle complet lors d’un concert à Zurich à la Villa Wesendonck avec l’Orchestre de la Tonhalle sous la direction de Robert Denzler. Elle l’a ensuite chanté quelque 55 fois, que ce soit dans la version avec piano ou avec orchestre, la dernière fois étant à New-York (Carnegie Hall) le 23 mars 1955 avec l’orchestre « Symphony of the Air » dirigé par Edwin Mc Arthur. Elle a enregistré deux fois le cycle, la première avec Gerald Moore au piano (25 & 26 mai 1948) et la seconde avec le WPO dirigé par Hans Knappertsbusch (Sofiensaal 13 & 15 mai 1956). L’enregistrement de la Radio norvégienne, qui bénéficie de l’accompagnement soigné d’ Øivin Fjeldstad est probablement son meilleur avec orchestre. Son état vocal est notamment meilleur que le 9 mai 1952 avec G. Sébastian au Titania Palast de Berlin, où son timbre, peu de temps avant l’enregistrement de Tristan und Isolde avec Furtwängler, apparaît un peu voilé.

Le cycle Haugtussa Op.67 de Grieg est entré à son répertoire le 13 mars 1940 lors d’un récital à New York (Town Hall) avec le pianiste Edwin Mc Arthur. Elle le chantera ensuite environ 35 fois, la dernière étant à Oslo pour la radio le 16 septembre 1954 avec le pianiste Woldemar Alme. Elle l’a enregistré trois fois avec le pianiste Edwin Mc Arthur: le 27 août 1940 à Los Angeles, le 26 avril 1950, également à Los Angeles, trois jours après un récital donné au Philharmonic Auditorium de cette même ville, et enfin à Londres (22-30 novembre 1956).

En 1950, l’enregistrement de cette œuvre qui lui tenait particulièrement à cœur est d’une très grande chaleur expressive, plus que dans ses deux autres prestations pour le disque.

Ce magnifique cycle composé par Grieg en 1895 ne comporte que huit mélodies. Il raconte le premier déboire amoureux d’une jeune montagnarde, Veslemöy. Les références à la nature des poèmes d’Arne Garborg, auxquelles s’ajoute une pointe de mysticisme, et l’invocation au ruisseau qui conclue le cycle font penser à la « Schöne Müllerin » de Schubert. Si ce chef-d’œuvre est pratiquement oublié de nos jours, c’est probablement à cause de la langue des poèmes, difficilement abordable. Pourtant, Flagstad l’a chanté un peu partout aux Etats-Unis y compris dans des villes moyennes situées hors des circuits habituels des concerts. Avec une traduction, le sens des poèmes est aisé à comprendre.

These two Lieder cycles are those of which Kirsten Flagstad gave the most concert performances during her career.

She sang an innumerable number of times the last two Wesendonck Lieder (Schmerzen, Träume) during her recitals. But it is only on June 8, 1939 that she performed the complete cycle for the first time during a concert at the Villa Wesendonck in Zurich with the Tonhalle Orchester conducted by Robert Denzler. She then sang it about 55 times, either in the version with piano or with orchestra, the last time being in New-York (Carnegie Hall) on March 23, 1955 with the « Symphony of the Air Orchestra » conducted by Edwin Mc Arthur. She recorded it twice, the first time with Gerald Moore at the piano (May 25 & 26, 1948) and the second time with the WPO conducted by Hans Knappertsbusch (Sofiensaal May 13 & 15, 1956). The recording made by the Norvegian Radio, with Øivin Fjeldstad’s refined accompaniment is probably her best with an orchestra. Her vocal condition is notably better than on May 9, 1952 with G. Sébastian at the Berlin Titania Palast, where her timbre, not long before the recording of Tristan und Isolde with Furtwängler, sounds slightly veiled.

The cycle Haugtussa Op.67 by Grieg entered her repertoire on March 13, 1940 during a recital in New York (Town Hall) with pianist Edwin Mc Arthur. She then sang it about 35 times, the last one in Oslo as a Radio broadcast on September 16, 1954 with pianist Woldemar Alme. She made three recordings with pianist Edwin Mc Arthur: on August 27, 1940 in Los Angeles, on April 26, 1950, also in Los Angeles, three days after a recital at the Philharmonic Auditorium of that same city, and then in London (November 22-30, 1956).

In 1950, the recording of this work that was especially dear to her, has a very great expressive warmth, more than in her other two studio renditions.

This magnificent cycle composed by Grieg en 1895 is comprised of only eight melodies. It tells the story of the first unhappy love of a mountain maid, Veslemöy. Arne Garborg’s poems make reference to nature, with a touch of mysticism, and the invocation to the brook that ends the cycle makes one think of Schubert’s « Schöne Müllerin ». If this masterpiece is now almost forgotten, it is probably because the language of the poems is not easy of access. However, Flagstad sang it almost everywhere in the United States, included in middle-sized towns far from the usual path of concert tours. With a translation, the meaning of the poems is easy to comprehend.

Les liens de téléchargement sont dans le premier commentaire. The download links are in the first comment.

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Mitropoulos – The Complete RCA and Columbia Album Collection (Sony Classical)

SONY Classical vient d’annoncer la parution prévue en avril 2022 d’un imposant coffret de 69 CD intitulé « Dimitri Mitropoulos – The Complete RCA and Columbia Album Collection ».

C’est un véritable événement , car l’accessibilité de nombre de ces documents historiques était devenu problématique.

Les détails de la composition du coffret sont donnés ici

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SONY Classical has just announced the publication in April 2022 of an important Boxset titled: « Dimitri Mitropoulos – The Complete RCA and Columbia Album Collection ».

This is a great event since many of these historical documents had become hard to find.

The details of its content are given here

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Mitropoulos – VIII – Mahler Sinfonie n°3 – Kölner Rundfunk SO – Lucretia West, mezzo-soprano

Dimitri Mitropoulos Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester

Lucretia West, mezzo-soprano

Kölner Rundfunkchor dir: Bernhard Zimmermann

Kölner Domchor dir: Adolf Wendel

Köln Funkhaus Saal 1 – 31 Oktober 1960

Lucretia West

Ce fut donc le dernier concert de Dimitri Mitropoulos, qui en dépit de son état de santé, s’était imposé pendant l’été et l’automne 1960 une programmation très chargée, qui est reconstituée ici pour la première fois.

Au Festival de Salzburg 1960, il donne deux concerts triomphaux  (Mendelssohn Symphonie n°3, Schoenberg Variations Op.31 et Debussy La Mer le 21 août, et la Symphonie n°8 de Mahler le 28 août). Ensuite, Il dirige au Wiener Staatsoper six représentations (23, 27 et 30 septembre; 7, 12 et 15 octobre) de la Forza del Destino de Verdi qualifiées de géniales par la presse autrichienne, entrecoupées avec les Wiener Philharmoniker de deux programmes à la Musikvereinsaal, d’une part les 1 et 2 octobre (Mahler Symphonie n°9), et d’autre part les 8 et 9 octobre (Schumann Symphonie n°2, Th. Berger Jahreszeiten et Debussy La Mer). Ces deux programmes sont redonnés au cours d’une courte tournée, le 10 à Graz pour le premier, et  le 11 à Linz pour le deuxième.

Il se rend ensuite à Cologne pour une série de quatre concerts avec l’Orchestre Symphonique de la WDR (Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester).

Le premier de ceux-ci, le 24 octobre, reprend le programme salzbourgeois du 21 août avec le BPO, et le second, le 31 octobre, est donc consacré à cette Troisième de Mahler. Lors du concert du 31, il réussit à surmonter un malaise au cours du premier mouvement, mais il refuse cependant les avis pressants d’interrompre le concert après l’entracte qui suit le premier mouvement, acceptant seulement de diriger assis. En dépit de son état de fatigue extrême, il prend immédiatement après la fin du concert le train de nuit pour Milan où il doit diriger cette même Troisième le 7 novembre avec l’Orchestre de la Scala.

Le soir du 1er novembre, il rédige dans sa chambre d’hôtel milanaise une courte lettre à l’intention de l’épouse de Bruno Zirato*, Nina, qu’il poste le lendemain matin en se rendant à sa répétition avec l’Orchestre de la Scala: « Je suis ici à Milan, malheureux et mort de fatigue, et je m’inquiète de mon état de santé. Le climat de Cologne ne m’a pas fait de bien…. J’étais toujours à court de respiration. Chers amis, priez pour que je puisse retourner à New-York, et qu’ici je ne sois pas obligé d’aller à l’hôpital. Votre malheureux Dimitri ».

Le décès de Mitropoulos au cours de la répétition du 2 novembre a été rapporté dans l’ouvrage de Willam R. Trotter « Priest of Music The Life of Dimitri Mitropoulos« .

Karl O. Hoch (WDR – Leiter der Hauptabteilung Musik) annonce dans son hommage radiophonique que le chef venait d’accepter sa nomination comme Directeur Musical du Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester. On ne connaît pas les programmes des deux autres concerts prévus à Cologne les 14 et 21 novembre.

Mitropoulos avait également des engagements à New-York avec le New-York Philharmonic et le Metropolitan Opera**. Il s’agissait tout d’abord d’un prestigieux concert supplémentaire qui avait été décidé probablement début octobre et pour lequel un accord avait été finalisé le 18 octobre: le « Pension Fund Concert » du 18 décembre avec une rencontre qui promettait d’être exceptionnelle avec le pianiste Sviatoslav Richter (Beethoven Concerto n°1 et Brahms Concerto n°2). Deux répétitions avaient été prévues le 14 et le 17 en tenant compte des engagements que Mitropoulos avait avec le Metropolitan Opera.

Le 28 octobre, le concert a été mis en location par correspondance. L’administration a été submergée par les demandes de billets, et plus de 2000 chèques ont dû être retournés aux souscripteurs. Le concert a finalement été dirigé par Bernstein et Richter a joué Liszt (Concerto n°2) et Tchaïkovski (Concerto n°1).

Pour la saison 1960-1961, Dimitri Mitropoulos avait des engagements pour quatre semaines de concerts successives avec le NYPO:

I – 29 et 30 décembre 1960 1er janvier 1961: Mahler Symphonie n°3 avec Martha Lipton. Le chef de chœur Hugh Ross propose de faire répéter ensemble un chœur féminin (27) du Berkshire Music Center (plutôt que la Schola Cantorum de New-York) et un chœur d’enfants (25) de la High School of Music and Art.

II – 5, 6 ,7 et 8 janvier 1961: Bach-Schoenberg Prélude et Fugue en mi mineur; Katchaturian Concerto pour violoncelle avec Rohan de Saram; Scriabine Prométhée (Poème du Feu) Op.60.

III – 12, 13, 14 et 15 janvier 1961: Mendelssohn Symphonie n°3; Krenek Medea avec Blanche Thebom; Gould Dialogues pour piano et orchestre à cordes avec Morton Gould; Skalkottas Danses Grecques.

IV – 19, 20, 21 et 22 janvier 1961: Beethoven Symphonie n°2; Berg 3 Pièces pour orchestre Op.6; Prokofiev Concerto pour piano n°3 Zadel Skolovsky; Berlioz Rob Roy, Ouverture.

Ces concerts, reprogrammés dans l’urgence, ont été assurés avec des programmes presque entièrement différents, par Stanislav Skrowaczewski pour les deux premiers et Paul Paray pour les deux suivants.

La Troisième de Mahler a été donnée plus tard, les 30 et 31 mars, et les 1 et 2 avril 1961 sous la direction de Leonard Bernstein, à la mémoire de Dimitri Mitropoulos.

Trois ans après son départ de la direction du NYPO, l’attitude de l »administration de l’orchestre à son égard avait changé. Les succès rencontrés au Met ainsi qu’en Europe (Festival de Salzburg, Wiener Staatsoper, WDR Köln) y ont vraisemblablement été pour beaucoup. Un autre indice de ce relatif rapprochement se trouve dans le fait que, pour ses concerts de l’été et de l’automne 1960, Mitropoulos avait emprunté au NYPO la partition orchestrale et le matériel d’orchestre de « La Mer » de Debussy. Après son décès, eut lieu un échange de courrier inquiet entre Joan Bonime (NYPO) et Karl O. Hoch (WDR) pour récupérer ces précieux documents, ce qui eut lieu effectivement dans les semaines qui suivirent. A noter que Mitropoulos, qui dirigeait par cœur, avait laissé la partition dans son appartement de New-York, et n’avait emmené en Europe que le matériel d’orchestre!

Les enregistrements radiophoniques qui nous restent de cette période (les deux concerts de Salzburg, la représentation de la Forza del Destino du 23 septembre au Wiener Staatsoper, la Neuvième de Mahler avec le WPO le 2 octobre et les deux concerts avec l’Orchestre de la WDR Köln avec la magnifique prestation de Lucretia West dans Mahler) sont d’inestimables documents.

* Bruno Zirato était jusqu’en 1959 l’Administrateur Général du New-York Philharmonic. Cette lettre a été publiée dans un article commémoratif signé par Bruno Zirato, inclus dans le programme du Metropolitan Opera du 5 décembre 1960. Mitropoulos avait des engagements au « Met » pour le mois de décembre, mais aucune documentation n’est disponible à ce sujet.

** Le 2 novembre, avant la représentation de Boris Godounov au « Met », l’orchestre joue sans chef la Danse des Esprits Heureux de l’ « Orfeo ed Euridice » de Gluck et Rudolf Bing s’adresse au public en ces termes: « Une autre grande tragédie a frappé le Metropolitan Opera et en fait le monde musical. Notre bien-aimé Dimitri Mitropoulos est décédé ce matin à Milan. Vous l’aimiez tous et vous savez qu’il était un des grands musiciens et un des grands chef d’orchestre de notre temps, ainsi qu’un extraordinaire être humain. Sa perte est personnellement ressentie par chacun au Metropolitan – en fait tous les membres de cet orchestre étaient ses amis. Bien sûr le Metropolitan Opera va continuer et d’autres grands chefs pourraient aller et venir, mais il y aura toujours dans nos cœurs une place spéciale pour Dimitri Mitropoulos « 

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This was Dimitri Mitropoulos’ last concert. In spite of his health condition, he drove himself hard during the summer and the autumn of 1960 with a heavy schedule, reconstructed here for the first time.

At the 1960 Salzburg Festival, he gives two triumphal concerts (Mendelssohn Symphony n°3, Schoenberg Variations Op.31 and Debussy La Mer on August 21, and Mahler Symphony n°8 on August 28). Then, he conducts at the Wiener Staatsoper six performances (September 23, 27 and 30 and October 7, 12 and 15) of Verdi’s « La Forza del Destino » de Verdi considered by the Austrian press as a stroke of genius, interleaved with two programs at the Musikvereinsaal with the Wiener Philharmoniker on the one hand on October 1 and 2 (Mahler Symphony n°9), and on the other hand on October 8 and 9 (Schumann Symphony n°2, Th. Berger Jahreszeiten and Debussy La Mer). These two programs are performed again during a short tour on October 10 in Graz for the first one, and on October 11 in Linz for the second.

Thereafter, he travels to Cologne for a series of four concerts with the WDR Sinfonie Orchester (Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester).

The first of them, on October 24, has the same program as the BPO August 21 Salzburg concert, and the second, on October 31, is then dedicated to the Mahler’s Third. During the October 31 concert, he succeeds in overcoming a stroke during the first movement, but however refuses the urging advices against resuming the concert after the intermission following the first movament, only accepting to conduct seated. After the end of the performance, in spite of his high state of exhaustion, he takes the night train to Milan where he is to conduct that same Third Symphony with La Scala Orchestra on November 7.

On the evening of November 1st, he writes in his Milan hotel room a short letter to Bruno Zirato’s wife*, Nina, which he mails the next morning while going to his rehearsal with the Scala Orchestra: « Here I am in Milano. I am miserable, dead tired, and I am worried over the state of my health. The climate in Cologne did me no good…. I was always short of breath. Dear friends, please pray that I will be able to return to New York, and not be forced to enter a hospital here. Your unhappy Dimitri ».

Mitropoulos’ death during the November 2 rehearsal has been told in Willam R. Trotter’s book « Priest of Music The Life of Dimitri Mitropoulos« .

Karl O. Hoch (WDR – Leiter der Hauptabteilung Musik) announces in his broadcast tribute that the conducter has accepted to become Music Director of the Kölner Rundfunk Sinfonie Orchester. The programs of the other two Cologne concerts on November 14 and 21 are not known.

Mitropoulos was also to perform in New-York with the New-York Philharmonic and the Metropolitan Opera**. Firstly, it was a prestigious supplementary concert that was probably decided at the beginning of October and for which an agreement was finalized on October 18: the December 18 « Pension Fund Concert » with an exceptionally promising meeting with pianist Sviatoslav Richter (Beethoven Concerto n°1 and Brahms Concerto n°2). Two rehearsals were set on December 14 and 17 to take care of Mitropoulos’ schedule with the Metropolitan Opera.

On October 28, a mail order was launched. The administration was overflooded with orders for tickets and more than 2,000 cheques had to be returned to subscribers. The rescheduled concert was conducted by Bernstein and Richter played Liszt (Concerto n°2) and Tchaïkovski (Concerto n°1).

For the 1960-1961 season, Dimitri Mitropoulos was to perform during four successive weeks with the NYPO:

I – December 29 and 30, 1960 and January 1st, 1961: Mahler Symphony n°3 with Martha Lipton. Choir director Hugh Ross suggested to make joint rehearsals with a women choir (27) from the Berkshire Music Center (rather than from the Schola Cantorum of New York) and a children choir (25) of the High School of Music and Art.

II – January 5, 6 ,7 and 8, 1961: Bach-Schoenberg Prelude and Fugue in E flat; Katchaturian Cello Concerto with Rohan de Saram; Scriabin Prometheus (Poem of Fire) Op.60.

III – January 12, 13, 14 and 15, 1961: Mendelssohn Symphony n°3; Krenek Medea with Blanche Thebom; Gould Dialogues for piano and string orchestra with Morton Gould; Skalkottas Greek Dances.

IV – January 19, 20, 21 and 22, 1961: Beethoven Symphony n°2; Berg 3 Orchestra Pieces Op.6; Prokofiev Piano Concerto n°3 Zadel Skolovsky; Berlioz Rob Roy, Overture.

These concerts, hastily rescheduled, were given with almost entirely different programs by Stanislav Skrowaczewski for the first two and Paul Paray for the next two.

The Mahler Third was performed later on March 30 and 31 and on April 1 and 2, 1961 under the direction of Leonard Bernstein, in Memory of Dimitri Mitropoulos.

Three year after he left the NYPO as its Music director, the administration of the orchestra saw him differently. His success at the Met as well as in Europe (Salzburg Festival, Wiener Staatsoper, WDR Köln) were most certainly very instrumental. Another sign of this better relationship may be found in the fact that, for his 1960 summer and autumn concerts, Mitropoulos borrowed to the NYPO the orchestral score and the orchestral parts of « La Mer » by Debussy. After his death, an anxious exchange of letters took place between Joan Bonime (NYPO) and Karl O. Hoch (WDR) to get back these precious documents, which successfully happened during the next weeks. It is worth noting that Mitropoulos, who conducted by heart, left the orchestral score in his New York flat, and only brought with him to Europe the orchestral parts!

The broadcast recordings that have survived from that period (both Salzburg concerts, the Wiener Staatsoper performance of La Forza del Destino on September 23, the Mahler Ninth with the WPO on October 2 and both WDR Köln concerts, including Lucretia West beautifully singing Mahler) are as many historical documents.

* Bruno Zirato was until 1959 the General Manager of the New-York Philharmonic. This letter was published as part of a tribute signed by Bruno Zirato, in the December 5, 1960 program of the Metropolitan Opera. Mitropoulos was to conduct at the « Met » during the month of December, but it is not documented.

** On November 2, before the performance of Boris Godounov at the « Met », the orchestra plays without a conductor the Dance of the Blessed Spirits from « Orfeo ed Euridice » by Gluck and Rudolf Bing talks to the public with these words: « Another great tragedy has befallen the Metropolitan Opera and indeed the musical world. Our beloved Dimitri Mitropoulos died this morning in Milan. You all loved him, and you know he was one of the great musicians and great conductors of our time, and also an outstanding human being. His loss is felt personally by everyone at the Metropolitan – indeed all the members of this orchestra were his friends. Naturally the Metropolitan Opera will go on and other great conductors may come and go, but there will always be a very special place in our hearts for Dimitri Mitropoulos.« 

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