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Scherchen – II – Mahler: Symphonie n°7 Toronto SO

Hermann Scherchen Toronto Symphony Orchestra

Toronto Massey Hall 22 April 1965

En 1965, le Toronto Symphony Orchestra a mis à son programme la Septième Symphonie de Mahler, pour en donner la Première au Canada. Le chef qui devait la diriger, Heinz Unger (1895-1965), spécialiste de Mahler établi à Toronto et bien oublié de nos jours, étant brusquement décédé le 25 février, il a été fait appel à Hermann Scherchen qui, à cette occasion, a dirigé pour la première fois au Canada.

On connaît surtout deux enregistrements de cette symphonie par Scherchen, l’un fait pour la Radio en 1950 avec le WSO, et l’autre en 1953, avec l’Orchestre du Staatsoper pour la firme Westminster. Si le premier pose des options interprétatives intéressantes, on y perçoit un manque assez gênant de répétitions, alors que le deuxième est une des meilleures versions discographiques.

Depuis cette date, Scherchen a évolué, aussi bien par ses expériences dans ses studios de Gravesano que par l’interprétation de la musique contemporaine jusqu’à Xenakis, et pour le concert de Toronto, ses réflexions l’ont conduit beaucoup plus loin. Cette interprétation tendue, à nulle autre pareille, repose sur des tempi rapides* et pousse les musiciens dans leurs retranchements, et elle propulse l’œuvre dans le XXème siècle en la rendant clairement proche de Schoenberg**. Scherchen excelle à créer dès le début du premier mouvement un climat hallucinant qu’il prolonge ensuite dans les trois mouvements nocturnes qui forment le volet central.

La retransmission du concert est précédée d’une introduction au cours de laquelle est diffusée une brève interview du chef d’orchestre par le compositeur canadien Harry Somers (1925-1999).

* Dans l’édition Bote und Bock de 1909, aussi bien que dans les programmes de concert dirigés par Mahler (Concertgebouw 2, 3 et 7 octobre 1909), Mengelberg (NYPO 8 & 9 mars 1923) et Mitropoulos (NYPO 11 & 12 novembre 1948), la partie Allegro du premier mouvement est désignée comme « Allegro con fuoco », ce qui est très différent de l’indication « Allego risoluto ma non troppo » qui est maintenant usuelle . L’interprétation de Scherchen est résolument « con fuoco »!

** Après les concerts de Mitropoulos de novembre 1948 avec cette œuvre, curieusement couplée avec le Concerto Champêtre de Poulenc avec le compositeur au piano, Olin Downes, qui en fait a quitté le concert au milieu du troisième mouvement de la symphonie, a publié dans le New York Times du 12 novembre 1948 un article au vitriol dénigrant la Symphonie de Mahler comme étant « du mauvais art, de la mauvaise esthétique et de la mauvaise musique, présomptueuse et ouvertement vulgaire ». Cet article a suscité une vigoureuse protestation de la part d’ Arnold Schoenberg qui tenait beaucoup à cette œuvre. Downes a publié cette lettre dans le numéro du 12 décembre, mais dans sa réplique, il n’a rien changé à son opinion.

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Pistes/Tracks:

01- Annonce/Announcement Interview Hermann Scherchen (Harry Somers)

02- I Langsam Adagio Allegro risoluto ma non troppo

03- II Nachtmusik I Allegro moderato

04- III Scherzo Schattenhaft (Fliessend, aber nicht schnell)

05- IV Nachtmusik II Andante amoroso

06- V Rondo-Finale Tempo I (Allegro ordinario) Tempo II (Allegro moderato ma energico)

07- Désannonce/Announcement

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In 1965, the Toronto Symphony Orchestra decided to premiere in Canada Mahler’s Seventh Symphony. The conductor who was hired to conduct it, Heinz Unger (1895-1965), a Mahler specialist living in Toronto, who is now sadly forgotten, unexpectedly died on February 25. Hermann Scherchen was called, and this was the first time he conducted in Canada.

Two recordings of this symphony by Scherchen are best known: one made for in 1950 for the Radio with the WSO, and the other one in 1953, with the Staatsoper Orchestra for Westminster. If the first one sets interesting performing options, the performance is marred by a noticeable lack of rehearsals, whereas the second one is one of the best recordings of the work.

Since that time, Scherchen has evolved, because of his experiments in his Gravesano studios as well as his interpretation of contemporary music up to Xenakis, and for the Toronto concert, his thoughts led him much further. This tense performance, which is unlike any other, is based on fast tempi* that bring the musicians to their utmost, and it propels the work well into the le XXth century, making it clearly close to Schoenberg**. Scherchen excells in creating from the start of the first movement an hallucinatory atmosphere which he further extends to the three nocturnal movements that constitute the central part.

The concert broadcast starts with an introduction including a brief interview of the conductor by Canadian composer Harry Somers (1925-1999).

* In the 1909 Bote und Bock printed score as well as in the printed concert programs conducted by Mahler (Concertgebouw 2, 3 & 7 October 1909), Mengelberg (NYPO 8 & 9 March 1923) and Mitropoulos (NYPO 11 & 12 November 1948), the Allegro part of the first movement is named « Allegro con fuoco », which is very different from the now used term « Allego risoluto ma non troppo ». Scherchen’s performance is unmistakably « con fuoco »!

** After the Mitropoulos concerts of November 1948 with this work strangely coupled with Poulenc’s Concerto Champêtre with the composer at the piano, Olin Downes, who in fact left the concert in the middle of the third movement of the symphony, published in the New York Times (November 12, 1948) a vitriolic article denigrating Mahler Symphony as being « bad art, bad esthetic and bad, presumptuous, and blatantly vulgar music ». This article fueld a vigorous protest by Arnold Schoenberg for which this work was so important. Downes published his letter in the December 12 issue, but in his response, he changed nothing to his opinion.