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Cantelli – VIII – Mozart: Concerto n°21 K.467 – Gieseking NYPO

Cadences/Cadenzas: Ferrucio Busoni

Walter Gieseking, Baldwin piano – Guido Cantelli New York Philharmonic (NYPO)

Carnegie Hall – March 6, 1955

Source: Bande/Tape

Cette interprétation du 6 octobre 1955 documente la rencontre entre Gieseking et Cantelli. C’est le retour de Gieseking avec le NYPO pour la première fois depuis 1939, et c’est une réussite. L’influence réciproque entre les deux interprètes conduit à une interprétation mémorable qui est on ne le peut mieux décrite que par le critique américain Bernard H. Haggin (1900-1987) dans son article de 1968 en hommage à Cantelli:

A l’époque, j’ai trouvé que beaucoup d’interprétations de Cantelli étaient merveilleuses; et merveilleux est le mot pour certaines que j’ai entendues récemment, en particulier celle du Concerto pour piano de Mozart K.467. Dans mon expérience, seul Toscanini apportait aux solistes des contextes orchestraux aussi beaux et aussi efficaces que ceux de Cantelli; et dans mon expérience, Toscanini a fourni le précédent pour la chose extraordinaire qui se passe dans l’interprétation par Cantelli du concerto K.467. A un concert du New York Philharmonic en 1934, j’ai entendu Toscanini diriger les concertos  K.467 et K.466 avec José Iturbi en soliste, et j’ai entendu Iturbi—sous l’impulsion de la personnalité et du magnétisme du chefrivaliser avec le jeu puissant de l’orchestre avec un jeu personnel qui était remarquablement différent de son jeu embelli habituel, un style de salon, pour jouer Mozart.

Et la même chose se produit dans l’exécution par Cantelli du concerto K.467. Ce que l’on s’attend à entendre après l’introduction orchestrale superbement exécutée est le style miniature finement ciselé pour jouer Mozart que l’on entend toujours de la part de Gieseking; mais ce que l’on entend à la place, ce sont une énonciation forte et des phrasés forts pour jouer la mélodie, et des doigtés forts pour les séquences de notes rapides et les figurations qui doivent avoir surpris Gieseking comme ils doivent avoir surpris ses auditeurs en 1955 au concert du New York Philharmonic. Jamais auparavant, il n’avait joué Mozart comme cela; et il l’a fait sous la même impulsion de la part de Cantelli que celle que Toscanini avait exercé sur Iturbi. Sous cette impulsion, Iturbi a réussi, et Gieseking réussit, dans l’extraordinaire Andante ce que je n’ai entendu d’aucun autre pianiste au concert: une énonciation et une articulation de la longue cantilène du piano qui soit comparable avec l’enregistrement discographique de Schnabel. Et le jeu de Gieseking dans cette cantilène, contrairement à celui de Schnabel, s’exprime dans le contexte du jeu superbe de la partie orchestrale qui est constamment active—par exemple, les commentaires poignants des bois qui intensifient certaines des énonciations du piano.’

This October 6, 1955 concert illustrates the meeting between Gieseking and Cantelli. It is Gieseking’s return with the NYPO for the first time since 1939 and it is a success. The reciprocal influence between both musicians leads to a memorable performance best described by US critic Bernard H. Haggin (1900-1987) in his 1968 tribute to Cantelli:

Many of Cantelli’s performances I found marvelous at the time; and marvelous is the word for those I have heard recently—in particular the one of Mozart’s Piano Concerto K.467. Only Toscanini, in my experience, provided soloists with orchestral contexts as beautifully made and as effective as Cantelli’s; and Toscanini provided the one precedent in my experience for the astounding thing that happens in Cantelli’s performance of K.467. At a New York Philharmonic concert in 1934, I heard Toscanini perform K.467 and 466 with José Iturbi as soloist, and heard Iturbi—under the compulsion of the personality and magnetism of the man on the podium—match the orchestra’s powerful playing with playing of his own that was strikingly different from his customary prettified salon-style playing of Mozart.

And the same thing happens in Cantelli’s performance of K.467. What one expects to hear after the superbly performed orchestral introduction is the finely chiseled miniature-scale playing of Mozart that one always heard Gieseking do; but what one hears instead is a strongly enunciated, strongly phrased playing of melody, a strong-fingered execution of runs and figuration, that may have amazed Gieseking as it must have amazed his listeners at the New York Philharmonic concert in 1955. He had never played Mozart that way before; and he did so then under the same compulsion from Cantelli as Toscanini had exercised on Iturbi. Under that compulsion, Iturbi achieved, and Gieseking achieves, in the extraordinary Andante what I have heard live from no other pianist: an enunciation and articulation of the piano’s long cantilena comparable with Schnabel’s in his recorded performance. And Gieseking’s playing of this cantilena, unlike Schnabel’s, is heard in the context of the superb playing of the constantly active orchestral part—e.g., the poignant woodwind comments intensifying certain of the piano’s statements.’

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Walter – III – Mozart Symphonies n°38 & 41 WPO – Sinfonia Concertante K.364 NYPO John Corigliano & William Lincer

Mozart

Symphonie n°38 K.504 WPO Musikvereinsaal 18 Dezember 1936

Symphonie n°41 K.551 WPO Musikvereinsaal 11 Januar (Jänner) 1938

Source: 33t. Angel Japan « The Art of Bruno Walter with WPO »

Bruno Walter & Arnold Rosé

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Sinfonia Concertante K.364 NYPO John Corigliano & William Lincer Carnegie Hall 10 March 1946 Source: Bande/Tape (origine: disques/transcription discs)

William Lincer & John Corigliano

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Ces trois enregistrements de Bruno Walter représentent la fin de son activité à Vienne avant la guerre, la Symphonie n°41 accompagnant les 15 et 16 janvier la Neuvième de Mahler au cours de sa dernière série de concerts avant l’Anschluss, ainsi que son unique enregistrement accessible de la Symphonie Concertante pour violon et alto K.364 lors du concert du 10 mars 1946. Il avait déjà dirigé cette œuvre à New York les 5 et 6 mars 1925 avec en solistes Samuel Duskin et Lionel Tertis, et il l’a redonnée les 12 et 13 février 1953 avec Corigliano et Lincer, mais sans retransmission radiophonique à cette occasion. Un enregistrement de concert à Chicago (concert télévisé du 25 janvier 1956 avec John Weicher et Milton Preeves) a été recensé dans une archive privée, mais n’a pas été publié. Le concert du dimanche 10 mars 1946 est particulier en ce sens que son programme (Mozart K364, Brahms Symphonie n°4) est complètement différent de celui des concerts des 7 et 8 mars consacrés à la Passion selon St-Matthieu de Bach, alors qu’en général, le programme radiodiffusé le dimanche reprend en partie le programme de la semaine.

Concernant l’interprétation de la Sinfonia Concertante de Mozart, le critique Noel Straus écrivait: ‘John Corigliano, le concertmaster de l’orchestre, et William Lincer, son premier alto, ont été les solistes de l’opus de Mozart, qui, comme le Brahms, a bénéficié d’une lecture des plus élaborées et des plus élevées. Aucune interprétation ne peut être d’un esprit aussi complètement mozartien que celle qui a été donnée de la Sinfonia Concertante, une oeuvre unique en son genre qui n’a rien perdu de sa fraîcheur juvénile et de son grand attrait au cours des 167 années qui se sont écoulées depuis sa composition. Sous une direction moins, cette composition exquisément façonnée peut facilement dégénérer de la part des deux solistes en une exhibition de virtuosité. Même si une bravoure experte était apportée aux mesures en solo, la musique elle-même et la révélation de sa pleine signification étaient le souci principal de Mr. Walter, et il a montré que c’était possible sans exagérer la composante soliste, avec pour résultat qu’un parfait sens de l’équilibre, rarement obtenu dans cette oeuvre à l’orchestration légère, a été rendu possible. Avec cette manière de faire, la composition a gagné en intimité, et rien n’a été oublié pour projeter le caractère sensible et poétique de son contenu. L’art et la compétence technique de Mr. Corigliano et de Mr. Lincer étaient si complètement en harmonie, leurs sonorités si subtilement intégrées et équilibrées, que leurs jeux formaient remarquablement un tout, et s’inscrivaient en même temps dans le cadre dynamique qui convenait exactement à la fusion avec un accompagnement orchestral finement conçu. Il est difficile d’imaginer un rendu plus éloquent et plus convaincant, ou plus admirable par sa pureté tonale, la beauté de sa texture, par ses couleurs et par son expressivité.’

These three Bruno Walter recordings illustrate the end of his pre-war tenure in Vienna, the Symphony n°41 being played on the 15 and 16 January together with the Mahler Ninth during his last series of concerts there before the Anschluss, as well as his only available recording of the Sinfonia Concertante for violin and viola K.364 during the concert of March 10, 1946. He already conducted this work in New York on 5 and 6 March 1925 with  Samuel Duskin and Lionel Tertis as soloists, and he performed it again on 12 and 13 February 1953 with Corigliano et Lincer, but without broadcast this time. A concert recording in Chicago (TV concert on 25 January 1956 with John Weicher and Milton Preeves) has been listed in a private archive, but hasn’t been published. The concert of Sunday 10 March 1946 is special in the sense that its program (Mozart K.364, Brahms Symphony n°4) is entirely different from the preceding ones on 7 and 8 March dedicated to Bach’s Passion according to St-Matthew, whereas usually, the program of the Sunday broadcast is partly comprised of works played during the week.

Concerning the performance of the Sinfonia Concertante by Mozart, music critic Noel Straus wrote: ‘John Corigliano, the orchestra’s concertmaster and William Lincer, its first viola, were the soloists in the Mozart opus, which, like the Brahms work, gloried in a reading of a most searching and exalted nature. No performance could be more completely Mozartean in spirit than that given of the Sinfonia Concertante, an unrivaled work of its genre that has lost nothing of its youthful freshness and deep appeal with the passage of the 167 years since its creation. Under less fully comprehending direction, the exquisitely wrought composition easily can become first and foremost an exhibition of virtuosity on the part of the two soloists. But for all the expertness of bravoura brought to the solo measures, the music itself and the revelation of its meaning to the full was the primary consideration with Mr. Walter and this he found possible without overstressing the solo element with the result that a perfect sense of balance, rarely achieved in this lightly orchestrated score, became possible. The composition gained in intimacy through this type of treatment, and nothing was left undone to project the sensitive, poetic character of its content. The artistry and skill of Mr. Corigliano and Mr. Lincer was so perfectly matched, their tone so subtly integrated and equalized, that their playing proved remarkably unified, and at the same time was held in just the right dynamic frame to blend absolutely with the finely considered orchestral support. It is difficult to conceive of a presentation of this work more eloquent and persuasive, or more admirable in tonal purity, beauty of texture, coloring and expressiveness.’

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Cantelli – VII – Brahms: Tragische Ouverture Op.81 – Symphonie n°1 Op.68 – Alt Rhapsodie Op.53 -Verdi: Te Deum

Brahms: Tragische Ouverture Op.81 NBC SO Manhattan Center – January 15, 1951

Brahms: Symphonie n°1 Op.68 NBC SO – Carnegie Hall – December 6, 1952

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NYPO – Westminster Choir – Carnegie Hall – April 1, 1956

Verdi: Te Deum

Brahms: Alt-Rhapsodie Op.53 NYPO – Martha Lipton

Guido Cantelli a peu donné en concert l’Ouverture Tragique de Brahms Op.81, mais par contre sa Première Symphonie Op.68 est l’œuvre qu’il a le plus dirigé. Fin 1950, la NBC a transformé en studio de TV le studio 8-H où avaient lieu la plupart des concerts du NBC SO, et a décidé de les transférer au Manhattan Center, salle à l’acoustique très réverbérée, ce que Toscanini a refusé, seul Carnegie Hall étant pour lui acceptable, et donc seuls d’autres chefs d’orchestre, dont Cantelli,  y ont donné temporairement des concerts avec cet orchestre, et la NBC n’a finalement pu que se plier à sa demande.

Le Te Deum de Verdi et la Rhapsodie pour contralto, chœurs d’homme et orchestre Op.53 de Brahms ont été mis au programme des concerts des 29, 30, 31 mars, et 1 avril 1956 du New York Philharmonic et c’est la seule fois qu’il les a dirigées.

Guido Cantelli has seldom performed Brahms’ Tragic Overture Op.81, whereas his first Symphony Op.68 was the work he most conducted. At the end of 1950, the NBC transformed Studio 8-H where most of the NBC SO concerts were given, into a TV studio, and decided to tranfer them to Manhattan Center, a venue with much reverberation, which Toscanini refused, only Carnegie Hall being acceptable to him, and thus only other conductors, among them Cantelli, temporarily gave concerts there with this orchestra and eventually the NBC had to comply with his demand.

Verdi’s Te Deum and Brahms’ Rhapsody for contralto, male chorus and orchestra Op.53 were performed at the New York Philharmonic concerts of March 29, 30, 31 and April 1, 1956 and it it the only time he performed them.

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Cantelli – V – Ouvertures: Rossini ( Il Signor Bruschino; Cenerentola; Semiramide), Verdi (La Forza del Destino) & Wagner (Faust-Ouvertüre)

Meilleurs Vœux pour 2022 avec/ Best Wishes for 2022 with:

Rossini

Il Signor Bruschino – NYPO Carnegie Hall 29 mars 1953

Cenerentola – NBC SO Carnegie Hall 14 février 1954

Semiramide – BSO Boston Symphony Hall 31 janvier 1953

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Verdi La Forza del Destino NBC SO Carnegie Hall 2 février 1952

Wagner Faust-Ouvertüre NYPO Carnegie Hall 22 mars 1953

Voici pour débuter cette année cinq ouvertures interprétées avec trois orchestres (New York Philharmonic; NBC Symphony Orchestra; Boston Symphony Orchestra) pour lesquelles les interprétations de Cantelli se situent dans le droit fil de Toscanini. On notera cependant qu’il y a ici plus de respiration et de souplesse, et que l’enthousiasme y est celui de la jeunesse. Mais Toscanini lui-même ne disait-il pas de Cantelli que c’était lui quand il était jeune?

L’ouverture qu’il a le plus jouée était Semiramide, depuis le Festival d’Edimbourg 1950 (le 6 septembre) avec l’orchestre de la Scala: il en reste un bref extrait de 3’45 filmé en répétition à Usher Hall (pour un extrait d’une minute, cliquer ICI ), jusqu’à son tout dernier concert le 17 novembre 1956 à Novara avec ce même orchestre.

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For the beginning of this New Year, here are five Overtures performed with three orchestras (New York Philharmonic; NBC Symphony Orchestra; Boston Symphony Orchestra) in which Cantelli’s performances are in line with Toscanini’s. There are, it is worth noting, more breathing and flexibility, and the enthusiasm is that of youth. But didn’t Toscanini himself say that Cantelli was like himself when he was young?

The Overture he performed most was Semiramide, since the 1950 Edinburgh Festival (September, 6) with the Scala Orchestra, of which remains a short  filmed 3’45 rehearsal excerpt shot in Usher Hall (click HERE for one minute thereof), until his very last concert on November, 17, 1956 in Novara, with the same orchestra.

Guido Cantelli: NYPO March 29, 1953 – BSO Jan. 30 & 31, 1953 – NYPO March 22, 1953

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Cantelli – IV – Schumann: Symphony n°4 Op. 120 – 2 Versions Philharmonia 1953 – NYPO 1956

Guido Cantelli

I – Philharmonia Orchestra – London Kingsway Hall May 15 & 21, 1953

Manoug Parikian, violin

Concert du 11 mai 1953 (BBC Third Program)

Guido Cantelli Herbert Downes Arturo Toscanini Manoug Parikian

La Quatrième de Schumann: une des grandes interprétations de Guido Cantelli. Son enregistrement avec le Philharmonia, réalisé peu après un concert au Royal Albert Hall (et quasiment en même temps que celui de Furtwängler), est ici reproduit à partir d’un exemplaire en bon état de la bande commercialisée sous la référence HTB 401. Quant à la version en public avec le NYPO, elle matérialise la seule série de concerts où il l’a programmée avec cet orchestre, et aussi son ultime vision de cette œuvre, assez différente de celle avec le Philharmonia, mais tout aussi passionnante.

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Schumann Symphonie n°4 – Cantelli Concerts (* = concert radiodiffusé/broadcast concert):

Orchestra del Teatro alla Scala: 12/11/ 1954 (Brescia);   NBC SO: 29/11/1952*; NYPO: 15, 16, 18*, 24/3/1956;   BSO: 6, 7*/2/1953; WPO: 9/8/1953* (Salzburg);  Philharmonia: 11/5/1953* (CD ICAC 5143); 9/9/1954* Edinburgh (CD ICAC 5081)

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The Schumann Fourth: one of the great interpretations by Guido Cantelli. His recording with the Philharmonia, made soon after a concert at Royal Albert Hall (and almost at the same time as Furtwängler’s), is reproduced here from a copy in  good condition of the HTB 401 commercial tape. As to the live version with the NYPO, it materializes the only concert week when he performed it with this orchestra, and also his last vision of this work, rather different from the one with the Philharmonia, but as thrilling.

II – NYPO New York Carnegie Hall – March 18, 1956

John Corigliano, violin

John Corigliano Guido Cantelli

Les liens de téléchargement sont dans le premier commentaire. The download links are in the first comment.