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Ferrier – Brahms Alt-Rhapsodie Op.53 F. Busch – Mahler Kindertotenlieder Walter

Kathleen Ferrier

Brahms Alt-Rhapsodie Op.53: Chœur d’Hommes et Orchestre de la Radio Danoise (Symfoniorkestret /Statsradiofoniens Mandskor: Svend S. Schultz)

dir: Fritz Busch

2 Lieder: Von ewiger Liebe Op43-I – Wir wandelten Op96-II Phyllis Spurr, piano

Radio Studio n°1 – 6 octobre 1949 Source: 33t/LP Danacord DACO 114

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Mahler Kindertotenlieder: WPO Bruno Walter – Kingsway Hall 4 octobre 1949

Prod: Walter Legge/Leonard Smith – Eng: Douglas Larter

Source 33t/LP: Angel Japan EAC-57048

En l’espace de deux jours, Kathleen Ferrier nous a offert deux enregistrements majeurs.

Tout d’abord à Londres où le Philharmonique de Vienne (WPO) était présent du 28 septembre au 6 octobre 1949 au cours d’une tournée dirigée par Furtwängler qui rejoindra ensuite Paris, Genève et Zürich.

Ferrier et Walter, de retour d’Edimbourg,  ont donné à Londres   les 1 et 2 octobre deux concerts Mahler avec les Kindertotenlieder et la Deuxième Symphonie (BBC SO and Choral Society).

Le 4, Furtwängler a dirigé avec le WPO un concert Brahms avec Menuhin, et une séance d’enregistrement a pu être programmée l’après-midi (14h30-17h30) au Kingsway Hall pour capter les Kindertotenlieder avec Bruno Walter.

Walter dirigea un concert londonien avec le WPO le 6. Mais, ce fut sans Ferrier qui chantait ce jour-là la ‘Alt-Rhapsodie’ avec Fritz Busch à Copenhague. De toutes façons, avec le WPO à Londres, elle n’aurait pas pu chanter l’œuvre de Brahms : Furtwängler avait déjà mis la ‘Alt-Rhapsodie’ au programme de son concert du 28 septembre (avec Mary Jarred).

Le programme dirigé par Fritz Busch avec son Orchestre de la Radio Danoise comprenait la Symphonie n°7 Op.70 de Dvorak (à l’époque dénommée ‘n°2’ comme lors de sa publication), et en deuxième partie, un ou plusieurs airs de l’ ‘Orphée’ de Gluck, puis la Rhapsodie Op.53 de Brahms et enfin les Métamorphoses d’Hindemith:

On voit que les deux Lieder de Brahms, probablement joués en bis, dans lesquels Ferrier est accompagnée par sa pianiste venue spécialement pour sa tournée en Scandinavie, ne figurent pas dans ce programme officiel. On les trouve par contre avec Gluck dans une feuille annexe de la Radio:

L’enregistrement de la Rhapsodie Op.53 a été complété par des sources provenant d’enregistrements privés de l’émission de la Radio Danoise pour compenser les parties dégradées de l’archive officielle. Les deux Lieder sont incomplets. Il manque les six premiers vers du premier Lied, et le début de l’introduction pianistique de l’autre.

Kathleen Ferrier et Fritz Busch se sont retrouvés avec l’Orchestre de la Radio Danoise au Festival d’Edimbourg, le 28 août 1950, avec le Royal Choral Union d’Edimbourg pour cette Rhapsodie Op.53.

Fritz Busch avait prévu de faire son grand retour à Berlin en mars 1952. A cette occasion, il avait invité Kathleen Ferrier à ses concerts qui devaient avoir lieu avec les 16 et 17 mars avec l’Orchestre de la RIAS. Sa disparition en septembre 1951 a réduit ce projet à néant.

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Within two days, Kathleen Ferrier offered us two major recordings.

To start with, in London where the Vienna Philharmonic (WPO) was present between 28 September to 6 October during a tour conducted by Furtwängler which later joined Paris, Geneva and Zürich.

Ferrier and Walter, back from d’Edinburgh, gave on October 1 and 2 two Mahler concerts in London with the Kindertotenlieder and the Second Symphony (BBC SO and Choral Society).

On the 4th, Furtwängler conducted a Brahms concert with Menuhin and the WPO, and an afternoon recording session (2.30pm – 5.30pm) has been set at Kingsway Hall to record the Kindertotenlieder with Bruno Walter.

Walter took the opportunity of being in London to conduct one concert with the WPO on the 6th. But it was without Ferrier who, on that very day, sang the ‘Alt-Rhapsodie’ with Fritz Busch in Copenhagen. Anyway, with the WPO in London, she might not have sung the work by Brahms : Furtwängler already put the ‘Alt-Rhapsodie’ at the program of his concert on 28 September (with Mary Jarred).

The programme conducted by Fritz Busch and his Orchestra of the Danish Radio was comprised of Dvorak’s Symphony n°7 Op.70 (then named ‘n°2’ as when it was published), and for the second part, Arias from Gluck’s Orpheus, then the Rhapsodie Op.53 by Brahms and to end with, Hindemith’s Metamorphosen:

We see that the two Brahms’Lieder, probably performed as encores, in which Ferrier is accompanied by her pianist who came especially for her Scandinavian tour, are not mentioned in this official programme. They are however found with the Gluck item in an extra Radio programme sheet:

The recording of the Rhapsody Op.53 was completed by private sources coming from the broadcast of the Danish Radio Danoise to compensate for the unusable parts of the official archive. Both Lieder are incomplete. The six first verses of the first Lied are missing, as well as the beginning of the piano introduction of the second.

Kathleen Ferrier and Fritz Busch met again with the Danish Radio Orchestra at the Edinburgh Festival on 28 August 1950, with the Edinburgh Royal Choral Union for this Rhapsody Op.53.

Fritz Busch scheduled his postwar return to Berlin for March 1952. He seized the opportunity for inviting Kathleen Ferrier to his concerts that were to take place on 16 and 17 March with the RIAS Orchestra. His death in September 1951 ruined this project.

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Fritz Busch – II- Mozart: Serenade « Haffner » K250 Sinfonie-Orchester Winterthur, Peter Rybar, Violine

Fritz Busch – Das Sinfonie-Orchester Winterthur Peter Rybar, Violine

Enr/Rec: Winterthur Stadthaus Konzertsaal September 1949

Source 33t Brüder-Busch Gesellschaft e.V. (BBG) F 667 293

Peter Rybar connaissait les frères Busch depuis les années trente, et Fritz Busch avait souvent dirigé l’orchestre de Winterthur dont Rybar était le Konzertmeister depuis 1938 (et le premier violon du Quatuor de Winterthur), l’orchestre ayant alors et jusqu’en 1950, pour chef Hermann Scherchen. Notons que Rybar a longtemps été, en alternance avec Michel Schwalbé, Konzertmeister de l’Orchestre du Festival de Lucerne. On connaît ses enregistrements avec Clara Haskil (Brahms Quintette Op.34, Mozart Sonate K.454 et Busoni Sonate n°2 Op.36a). Un autre partenariat régulier était avec Edwin Fischer et le couronnement en a probablement été le concert Beethoven donné au Septembre Musical de Montreux 1951 avec les Concertos n°3 et 4 ainsi que le Triple Concerto, les solistes étant Fischer, Rybar et le violoncelliste Antonio Tusa (remplaçant Enrico Mainardi, malade), qui sera suivi en mai 1952 d’une tournée d’une dizaine de concerts (toujours avec Antonio Tusa) en Allemagne, en Italie et en Suisse avec au programme les 5 Concertos pour piano et le Triple Concerto de Beethoven.

Ayant appris fin août 1949 que Fritz Busch se trouvait en Suisse, à Zürich, pour quelques semaines, Rybar se hâta de lui proposer de faire des enregistrements avec lui à Winterthur pour la firme Concert Hall. Cette situation se reproduira un an plus tard à Vienne avec Marcel Prawy pour une série d’enregistrements (Beethoven Symphonies n°3 et 8, Haydn Symphonie n°101) décidés là aussi à la dernière minute. A Winterthur, Busch enregistra la Sérénade « Haffner » pour laquelle Peter Rybar était le violon solo, la Cinquième Symphonie de Schubert D.485, et deux œuvres de Mendelssohn, l’Ouverture  » Die Schöne Melusin » Op.32 et le Scherzo de l’Octuor Op.20. Ces enregistrements ont été réalisées à la Stadthaus de Winterthur, dans la Konzertsaal (1200 places), renommée pour son acoustique. Ils permettent de documenter la relation entre ces deux grands musiciens au sujet de laquelle les biographes sont peu diserts.

Comme le mentionne Peter Rybar dans une interview filmée en 1993, les captations étaient réalisées par mouvements entiers et sans montage. Dans l’édition d’origine, et aussi sur le premier microsillon édité par la BBG, les Andante I (2ème Mouvement) et II (6ème Mouvement) ont été permutés, mais Peter Rybar a confirmé qu’il s’agissait seulement d’un problème de mise en disque pour éviter de couper le 4ème mouvement, et que l’ordre des mouvements devait être rétabli.

Peter Rybar

Fritz Busch

Winterthur Stadthaus

Peter Rybar met the Busch brothers in the 30’s and Fritz Busch often conducted the Winterthur Orchestra of which Rybar was the Konzertmeister since 1938 (and also the first violin of the Winterthur Quartet), the orchestra having then and up to 1950, Hermann Scherchen as music director. It is worth mentioning that Rybar was also, alternating with Michel Schwalbé, Konzertmeister of the Luzerner Festspielorchester. We know of his recordings with Clara Haskil (Brahms Quintet Op.34, Mozart Sonata K.454 and Busoni Sonata n°2 Op.36a). Another regular partnership was with Edwin Fischer, the high point of which being the Beethoven concert at the ‘Septembre Musical de Montreux 1951‘ with Concertos n°3 and 4 as well as the Triple Concerto, the soloists being Fischer, Rybar and cellist Antonio Tusa (remplacing the ailing Enrico Mainardi), followed in May 1952 by a tour (also with Antonio Tusa) of about ten concerts in Germany, in Italy and in Switzerland with Beethoven’s 5 Piano Concertos and his Triple Concerto.

Having learned toward the end of August 1949 that Fritz Busch was in Switzerland, in Zürich, for a few weeks, Rybar lost no time and proposed him to make recordings with him in Winterthur for the firm Concert Hall. This situation happened again one year later in Vienna with Marcel Prawy for a series of recordings (Beethoven Symphonies n°3 et 8, Haydn Symphony n°101), also a last minute decision. In Winterthur, Busch recorded the « Haffner » Serenade for which Peter Rybar played solo violin, Schubert’s Fifth Symphony D.485, and two works by Mendelssohn, the Overture  » Die Schöne Melusin » Op.32 and the Scherzo from Octet Op.20. These recordings were made at the Winterthur Stadthaus, in the Konzertsaal (seating 1200), known for its acoustics. They allow to document the relationship between these two great musicians about which the biographers say much too little.

As Peter Rybar points out in a 1993 filmed interview, the takes were comprised of complete movements with no edit. On the original LP, and also on the first LP issued by the BBG, Andante I (2 nd Movement) and II (6th Movement) were permuted, but Peter Rybar confirmed that it was only for the purpose of avoiding on the LP a cut in the middle of the 4th Movement, and that the original order had to be restored.

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Beethoven Intégrale des symphonies 1926 – 1950

English Translation (downloadable pdf file): click here

Je vous présente mes Meilleurs Vœux pour l’Année 2021 avec pour souhait que les concerts n’aient plus lieu devant des salles vides, mais aussi que, si on porte des masques, ce soient uniquement des masques vénitiens.

Pour l’inaugurer, voici un récapitulatif de l’Intégrale des Symphonies de Beethoven postée en novembre et décembre de l’année écoulée.

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Avec cinq chefs d’orchestres différents et cinq orchestres différents, cette intégrale « balaye » le deuxième quart du siècle dernier, et propose de grandes versions peu disponibles, ou alors dans des conditions techniques peu satisfaisantes eu égard à la qualité des originaux.

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A tout seigneur, tout honneur: Toscanini et l’orchestre de la BBC dans des enregistrements des symphonies n° 1, 4, 6 et 7 réalisés entre 1935 et 1939:

https://concertsarchiveshd.fr/toscanini-bbc-so-i-beethoven-symphonies-n7-4/

https://concertsarchiveshd.fr/toscanini-bbc-so-ii-beethoven-symphonies-n1-6/

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Au cours de son unique visite à Vienne de l’après-guerre, en octobre 1950, Fritz Busch a enregistré les symphonies n° 3 et 8 dans d’excellentes conditions musicales et  techniques (de gauche à droite sur la photo: Fritz Busch, Marcel Prawy, et l’ingénieur du son le Dr. Hans Sachs):

https://concertsarchiveshd.fr/fritz-busch-dirige-beethoven-symphonies-n-3-et-8/

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La deuxième symphonie était la préférée de Sir Thomas Beecham. Son enregistrement de 1936 avec le « London Philharmonic » est particulièrement réussi:

https://concertsarchiveshd.fr/beethoven-symphonie-n2-sir-thomas-beecham-london-philharmonic-orchestra-lpo-1936/

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Felix Weingartner a longtemps été considéré comme l’interprète de référence des symphonies de Beethoven. Son premier enregistrement de la « Neuvième »avec le London Symphony Orchestra, qui date de 1926, est musicalement très supérieur à sa version viennoise de 1935  qui a été souvent rééditée:

https://concertsarchiveshd.fr/weingartner-beethoven-symphonie-n-9-1926/

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Finis coronat opus. Pour terminer ce cycle, quoi de mieux en effet que la Cinquième symphonie dans cette interprétation exceptionnelle de Wilhelm Furtwängler avec les Wiener Philharmoniker lors d’un concert public à Copenhague en 1950, avec une qualité sonore qui lui rend enfin justice?

https://concertsarchiveshd.fr/furtwangler-beethoven-symphonie-n5-wiener-philharmoniker-wpo-copenhagen-1er-octobre-1950/

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Fritz Busch – I – Beethoven Symphonies n° 3 et 8

English translation (downloadable pdf file): click here

Fritz Busch dirige Beethoven avec le Niederösterreichisches Tonkünstler Orchester (Octobre 1950)

Entre le 22 septembre et le 29 octobre 1950, Fritz Busch, a donné à Vienne, où il ne s’était pas produit depuis février 19341, une série de 11 représentations d’opéra au Theater an der Wien (entre le 22 septembre et le 24 octobre: Mozart Figaros Hochzeit (4 fois), Wagner Meistersinger (4 fois), et Verdi Otello (3 fois), un concert avec les Wiener Symphoniker (WSO) le 15 octobre (enregistré par la Radio) et enfin deux concerts, les 28 et 29 octobre, avec les Wiener Philharmoniker (WPO) tout juste rentrés d’une longue tournée (25 septembre-22 octobre) dans les pays nordiques, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse avec Wilhelm Furtwängler.

A ce planning extrêmement chargé, mais Fritz Busch avait la réputation d’être un «bourreau» de travail, s’est ajoutée à la dernière minute une série d’enregistrements réalisés à la Brahms-Saal du Musikverein pour la firme Remington, avec au programme les symphonies n° 3 et 8 de Beethoven et la symphonie n°101 dite « L’Horloge » de Haydn. Le responsable pour l’Autriche de la firme Remington, Marcel Prawy2, a pris contact avec Fritz Busch dès son arrivée à Vienne le 16 ou le 17 septembre pour lui proposer ces enregistrements, proposition rapidement matérialisée par une lettre du 19 septembre 1950 à Fritz Busch. L’argumentaire de M. Prawy reposait sur la qualité: le matériel d’enregistrement sera fourni par Telefunken grâce à un contrat exclusif, et l’ingénieur du son sera le Dr. Hans Sachs de la Radio autrichienne RAVAG, avec le confort de six jours d’enregistrement pour les trois oeuvres3, soit des conditions comparables à celles des grandes maisons de disque.

De prime abord, le choix de l’orchestre, le Niederösterreichisches Tonkünstler Orchester (ou Orchestre des Musiciens de Basse-Autriche), ne pouvait que surprendre. En fait, Marcel Prawy avait peu de choix. Le WPO était sous contrat avec de grands éditeurs de disques, et de toutes façons, il était en tournée. Pas question non plus d’avoir recours à un orchestre de circonstance comme ça a été le cas pour nombre d’enregistrements à l’époque, regroupant sous un nom générique des musiciens de l’Orchestre du Staatsoper et du Volksoper engagés au cachet, avec peu de répétitions. Quant au WSO, sa pratique était plutôt de faire, également avec peu de répétitions, beaucoup d’enregistrements pour le disque et pour la Radio (p.ex. les enregistrements d’Otto Klemperer pour la firme Vox ou l’intégrale des symphonies de Bruckner par Volkmar Andreae).

La firme Remington a malencontreusement publié ces enregistrements «à l’économie» dans une série bon marché, la gravure et le pressage étant de qualité inférieure, avec un son agressif, ce qui a conduit à une réception mitigée par les critiques. L’un d’entre eux n’a-t-il pas écrit à propos de l’Eroïca que «Busch donne une exécution de haut niveau avec un orchestre de second ordre»? La lecture de la discographie comparée des symphonies de Beethoven parue au printemps 1952 dans la revue «High Fidelity»4 permet de comprendre que, si la qualité technique des disques Remington n’avait pas été médiocre, les disques de Busch auraient pu créer l’événement.

Et comme la firme Remington a fini par disparaître, ces enregistrements, dont Fritz Busch était pourtant très satisfait, sont tombés dans un oubli relatif, jusqu’à ce qu’au début des années 80, la firme Relief , établie au Liechtenstein, les réédite à partir semble-t-il des bandes originales, avec cette fois une qualité de gravure et de pressage soignée. L’écoute montre qu’en fait l’orchestre est très bon, et surclasse même le WSO, notamment en ce qui concerne les pupitres des cordes, que les interprétations sont de très haut niveau et que la prise de son est tout à fait remarquable.

Malheureusement, la firme Relief ne s’est pas avérée plus pérenne que Remington et aucune réédition ultérieure à partir des bandes originales, qui sont de nos jours introuvables, n’a vu le jour.

Les deux microsillons Relief sont donc les meilleures sources à ce jour disponibles pour ces deux symphonies (3 et 8) de Beethoven, les seules enregistrées pour le disque par ce grand beethovénien qu’était Busch5, et c’est un report de ces disques qui vous est proposé, en attendant que peut-être un jour les bandes «master» fassent de nouveau surface, mais en tous cas, on ne remerciera jamais assez Marcel Prawy d’avoir pris l’initiative de proposer et de mener à bien ces enregistrements. Le décès du chef d’orchestre l’année suivante a mis fin à l’ambitieux programme d’enregistrements qui était en cours d’élaboration.

1Beethoven Missa Solemnis et Mahler 2ème symphonie avec les Wiener Symphoniker et le chœur de la Wiener Singakademie.

2 Marcel Prawy (1911-2003) était une personnalité à Vienne. Avant guerre, il a été le secrétaire du ténor Jan Kiepura avant d’émigrer aux États-Unis en 1938. Il est revenu à Vienne en 1946 en tant qu’officier du Service Culturel de l’armée US, puis a été de 1950 à 1952 le responsable pour l’Europe de la firme Remington, avant de devenir en 1955 le dramaturge du Volksoper de Vienne, puis en 1972 du Staatsoper. Il était très connu pour ses émissions radiophoniques puis télévisées,produites par l’ORF.

3 Nous connaissons le détail de ses séances d’enregistrement à la Brahms-Saal: 16 octobre (de 14h à 17 h), 17 octobre (de 9h à 13h), 18 octobre (de 9h à 13h et de 14h à 18h), 19 octobre (de 9h à 13h), 20 octobre (de 9h à 13h) et 25 octobre (de 9h à 13h).

4  https://worldradiohistory.com/Archive-All-Audio/Archive-High-Fidelity/50s/High-Fidelity-1952-Spring.pdf     

5 Il existe des enregistrements de 4 autres symphonies de Beethoven: la 1ère (Chicago SO – 1949), la 5ème (New-York Philharmonic – 1950), la 7ème (WSO – 1950) et la 9ème (Radio Danoise – 1950), ainsi qu’un enregistrement isolé du Final de la 9ème (Radio Danoise – 1934).

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