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Günther Ramin – I – Bach Weihnachts-Oratorium – Kantate 1-3 (STEREO)

Thomanerchor Hamburger Kammerorchester – Enregistré à Hambourg en Décembre 1955

 

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Cet enregistrement, le dernier achevé par Ramin en tant que chef d’orchestre, a été réalisé à Hambourg, pour la firme Concert Hall1, juste après les concerts qu’il a donnés avec le même programme le 1er décembre à Brême (Glockensaal), le 2 décembre à Hambourg (Eglise St-Michaelis), et le 4 décembre à Kiel, mais avec le Thomanerchor et le Gewandhausorchester. Les solistes des concerts étaient: Agnes Giebel, soprano, Lotte Wolf-Matthäus, contralto, Gert Lutze, ténor et Hans-Olaf Hudemann, basse.

Günther Ramin et les solistes saluent le public à la fin du concert de Brême le 1er décembre 1955

 

Il a ensuite redonné l’œuvre à Leipzig, comme c’était le cas chaque année à la même époque depuis 19482, avec quasiment les mêmes solistes que ceux des concerts:

Ensuite, les 17 et 19 décembre, il a commencé à Leipzig (avec Irmgard Seefried et Herta Töpper) l’enregistrement de ce qui aurait dû être une intégrale de la Matthäus-Passion. Son décès subit en février 1956 a empêché la poursuite de ce projet.

Le 20 décembre, le Hamburger Abendblatt annonce la fin de l’enregistrement de l’Oratorio, ce qui laisse supposer que Ramin s’est de nouveau rendu à Hambourg entre le 12 et le 16 pour le terminer avec les solistes et l’orchestre.

Günther Ramin à Hambourg

La publication n’a eu lieu que deux ans plus tard, sur deux microsillons mono, mais l’enregistrement stéréo n’est paru que sur bandes magnétiques CHT/BN-21-2, dont les exemplaires en bon état de conservation sont de nos jours extrêmement rares.

Ces bandes ont fait l’objet d’une recension dans le numéro de décembre 1957 de la revue Tape Recordings:

Les trois cantates enregistrées constituent l’Oratorio de Noël proprement dit. Les commentateurs ont écrit que l’enregistrement était resté inachevé à cause du décès du chef, mais ce n’est pas si clair que ça. En effet, si Ramin donnait chaque année à Leipzig depuis 1948 (et souvent ailleurs: notamment Berlin en 1951 et 1953, Hambourg en 1955) les trois premières cantates à titre de Sonderkonzerte, on ne trouve pas, dans l’ouvrage de référence « Die Gewandhaus-Konzerte zu Leipzig 1791-1981 » (Johannes Forner et al. VEB Deutscher Verlag Leipzig), ni sur le site du Gewandhausorchester, de trace d’une exécution des trois suivantes, et dès son retour à Leipzig, il a commencé l’enregistrement resté inachevé celui-là de la Matthäus-Passion.

En ce mois de décembre 1955, les mélomanes hambourgeois ont eu le choix entre plusieurs exécutions de l’œuvre, dont celle-ci, donnée le 9 à la Musikhalle: (Lore Hoffmann, Ursula Boese, Johannes Feyerabend, Erich Wenk) Niederdeustsches und Hamburger Kammerorchester; Chor der Hamburger Musikgesellschaft und St. Georgs Kirchenchor dir: Kurt Pickert3.

Ainsi, l’enregistrement ne reprend aucun des solistes vocaux des concerts de Ramin, mais on y retrouve à la fois Ursula Boese et le Hamburger Kammerorchester du concert de Pickert.

L’éditeur a eu la main heureuse dans son choix d’un quatuor de jeunes chanteurs:

– Helga Gabriel se produisait régulièrement à Hambourg depuis 1949 dans le répertoire des oratorios et était appréciée par les critiques.

– Ursula Boese (1928-2016), élève de la Musikhochschle de Hambourg, a commencé sa carrière en 1954. Elle a été membre de l’Opéra de Hambourg de 1960 à 1993. Elle est surtout connue pour sa participation au Festival de Bayreuth de 1958 à 1965.

– le ténor néerlandais Leo Larsen a fait une carrière de concerts aux Pays-Bas dans les années 50, avec notamment la Missa Solemnis de Beethoven, la Damnation de Faust de Berlioz ou Samson et Dalila de Saint-Saëns.

– la basse Jacob Stämpfli (1934-2014) fait à 21 ans ses débuts au disque, avant de devenir notamment comme interprète de Bach, un des chanteurs marquants de sa génération.

Parmi les solistes du Hamburger Kammerorchester (fondé en 1950 par Hans-Jürgen Walther), on remarque Friedrich Wührer (1925-2000), qui n’était autre que le fils du célèbre pianiste. Il a été pendant des décennies le Konzertmeister du Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, c’est-à-dire l’orchestre de l’Opéra.

Une particularité de cet enregistrement est la spatialisation stéréophonique: les solistes vocaux sont à droite, et les solistes instrumentaux (violon, flûte) à gauche.

Signalons également que le Récitatif n°16 « Und das habt zum Zeichen » de la deuxième cantate est ici chanté par la soprano (son texte concerne en effet l’Ange), plutôt que par l’Evangéliste.

1également connue sous le nom de Musical Masterpiece Society ou en France de Guilde Internationale du Disque. Dans ses mémoires « Erfolg oder Rausschmiss », Ursula Boese confirme que l’enregistrement a eu lieu en décembre 1955.

2 Sonderkonzerte 1948-1955 BWV 248 Kantate 1-3 Thomanerchor; Gewandhausorchester:

11-12 Dezember 1948 (Gertrud Birmele, Lotte Wolf-Matthäus,Gert Lutze,Friedrich Härtel); 8-10-11 Dezember 1949 (Ria Beltz, Lotte Wolf-Matthäus, Rolf Apreck, Gerhard Niese); 16-17 Dezember 1950 (Marianne Basner, Sibylla Plate, Gert Lutze, Johannes Oettel); 15-16 Dezember 1951 (Agnes Giebel, Sibylla Plate, Gert Lutze, Gerhard Niese); 13-14 Dezember 1952 (Else Möller, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Otto Siegl), 12-13 Dezember 1953 (Ulrike Taube, Sibylla Plate, Gert Lutze, Hans-Olaf Hudemann); 11-12 Dezember 1954 (Barbara Groh, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Gerhard Niese); 10-11 Dezember 1955 (Erika Burkhardt, Lotte Wolf-Matthäus, Gert Lutze, Hans-Olaf Hudemann).

3un autre concert donné à Hambourg le 18 ou le 19 décembre (Clara Ebers, Maria von Ilosvay, Walter Geisler, James Pease) avec la Singakademie sous la direction de Josef Keilberth a été considéré par la critique comme « extérieur » par rapport à l’intériorité de Ramin, et ses solistes comme « opératiques ».

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Cantelli – I – Debussy

La Mer – Le Martyre de Saint – Sébastien (fragments symphoniques)

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Guido Cantelli (1920-1956) a montré beaucoup d’affinités avec la musique de Debussy et il en a laissé avec le Philharmonia Orchestra des enregistrements discographiques mémorables: Prélude à l’Après-Midi d’un Faune; Nocturnes (Nuages et Fêtes); La Mer; et enfin les fragments symphoniques du Martyre de Saint-Sébastien qui étaient peu joués à l’époque et plutôt considérés comme une œuvre de second ordre. C’est le disque de Cantelli qui a probablement permis à cette œuvre d’être enfin considérée à sa juste valeur.

La Mer:

Si on en croit la liste (incomplète) de ses concerts1, il a donné pour la première fois « La Mer » le 9 août 1953 avec les Wiener Philharmoniker au Festival de Salzbourg. Ensuite, il la présenta avec l’orchestre de la Scala au Festival de Lucerne (29 août), puis à Milan (7 et 9 octobre).

Ensuite, ce fut New York, pour 4 concerts successifs du New-York Philharmonic (4,5,6 et 7 mars 1954), dont le dernier, celui du dimanche a été radiodiffusé et enregistré.

En 1954, il y eut également trois concerts avec le Philharmonia (23 et 24 mai à Londres; 9 septembre à Édimbourg), ainsi que l’enregistrement pour EMI (13 et 14 septembre).

Toutes les exécutions ultérieures ont eu lieu en 1955 avec l’orchestre de la Scala au cours de deux tournées, l’une européenne (26 septembre – 6 octobre), et l’autre en Italie (5 au 16 novembre).

Concernant les concerts avec le NYPO (4-7 mars 1954), la lecture des critiques de l’époque Louis Biancolli (New York World Telegram), Olin Downes (New-York Times), Harriet Johnson (New York Post) et Virgil Thomson (New York Herald Tribune) étonne:

Pour lire ces critiques et connaitre le détail des programmes, cliquer ici:

Elles sont plutôt négatives, mais elles concernent cependant le tout premier concert, celui du jeudi 4, pour lequel le Concertmaster John Corigliano a du être remplacé à la dernière minute par l’Assistant Concertmaster Michael Rosenker. Il est fort probable que l’interprétation donnée lors du quatrième et dernier concert ait été meilleure, car à l’audition , elle compterait plutôt parmi les plus belles jamais enregistrées. Mais la lecture des articles montre que les critiques avaient une conception de l’œuvre très différente de celle du chef.

Le Martyre de Saint-Sébastien (fragments symphoniques):

Les fragments symphoniques du « Martyre » sont entrés beaucoup plus tôt dans son répertoire, à savoir le 15 janvier 1951, lors d’un concert donné au Manhattan Center avec le NBC SO.

Ensuite, en 1953, il y eut deux présentations à New York, les 12,13,14 et 15 mars avec le New York Philharmonic (NYPO), puis le NBC SO (20 décembre).

Avec le Phiharmonia Orchestra, il y eut deux concerts en 1954, le 23 mai à Londres et le 9 septembre à Édimbourg, encadrant les séances d’enregistrement des 4 et 8 juin. Laurence Lewis2 décrit l’émerveillement de tous ceux qui ont assisté à ces séances: pour le violoniste Hans Geiger: « Parmi les plus beaux sons que j’aie jamais entendus. C’était absolument fantastique, à couper le souffle »; et pour Clement Relf, bibliothécaire de l’orchestre: « Je me souviens encore des sons de l’orchestre, qui étaient merveilleux. Il sonnait comme un orgue géant ».

Par contre, l’œuvre n’a pas été inscrite à ses programmes avec l’orchestre de la Scala, mais on notera le concert du 19 septembre 1954, à la Fenice de Venise, avec l’orchestre de la RAI de Rome, la dernière fois qu’il dirige l’œuvre.

Nous disposons de cinq enregistrements, tous différents. Le tableau des minutages, qui donne certes une vision très partielle, est néanmoins éloquent:

NBC SO (15 janv. 1951) (3’18; 5’21; 5’20; 5’37) Testament, Music & Arts

NYPO (15 mars 1953) (3’25; 5’35; 5’30; 5’30) Music & Arts

NBC SO (20 déc. 1953) (3’47; 6’20; 6’20; 6’15) Andromeda

Philharmonia (4/8 juin 1954) (3’43; 6’03; 5’55; 5’40) EMI/Warner

Philharmonia (9 sept. 1954) (3’15; 5’51; 5’16; 5’20) ICA Classics

Après la vision la plus lente et la plus introspective de décembre 1953 (NBC SO), Cantelli est revenu au Festival d’Édimbourg (9 sept. 1954), aux tempi de sa toute première version!

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La Mer: New York Philharmonic Carnegie Hall 7 mars 1954

Le Martyre de Saint-Sébastien (Fragments symphoniques): NBC SO Carnegie Hall 20 décembre 1953

1,2Laurence Lewis Guido Cantelli Portrait of a Maestro publié par A.S. Barnes & Co. (1981)

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